‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 55 sur 406 · INTERPRÉTATIONS DE L'ACTION DES ANESTUÉSIQUES · texte numérisé non relu

INTERPRÉTATIONS DE L'ACTION DES ANESTUÉSIQUES

Yoquerait la coagulation du sang dans les capillaires pulmonaires, formant ainsi une barrière à Thématose. Ainsi que nous le verrons plus tard, cette interprétation a été reprise tout récemment par M. Maurel, de Toulouse, qui admet un arrêt embolique de la circulation pulmonaire grâce à Faction exercée par les anesthésiques sur les leucocytes qui deviennent sphériques et capables, par suite, d entraver la circulation dans les capillaires les plus fins.

Un médecin militaire, M. Ferran, avait admis pour le mécanisme de Faction des anesthésiques l'interprétation suivante; pour lui, il s'agissait d'une action excitante au contact de la membrane pituitaire et d'une répercussion sur l'encéphale par l'intermédiaire des nerfs olfactifs. Cette interprétation pouvait, comme vous le voyez, s'appuyer des phénomènes d'anesthésie hypnotique, sur lesquels j'ai appelé votre attention.

Pour démontrer ce fait, M. Ferran faisait respirer un animal par une canule introduite dans la trachée, tout en lui enfermant le museau dans le cornet qui sert à anesthésier, de façon à ce que les vapeurs anesthésiques ne pussent pénétrer dans son appareil respiratoire, l'air nécessaire à sa respiration étant pris au dehors par l'intermédiaire de la canule. Les conclusions de M. Ferran, qui sont en somme assez intéressantes pour l'époque à laquelle ces recherches ont été faites, étaient les suivantes :

1° Les vapeurs de chloroforme (car c'est sur du chloroforme qu'avaient été faites ces expériences), à l'instar de celles d'alcool, n'exercent leur influence sur le système cérébral qu'en se substituant momentanément à l'influx nerveux au point d'en annihiler ou d'en masquer complètement l'action.

2*" La sensibilité et la motilité nerveuses pourraient, sans inconvénients, être suspendues par les vapeurs anesthésiques pendant un temps très long si l'on pouvait les faire arriver au cerveau par les nerfs olfactifs au lieu de les faire passer par la voie pulmonaire.

Ces faits avaient déjà paru fort bizarres, leur interprétation avait semblé un peu aventurée; et M. Dieulafoy et M. Krishaber firent à cette époque des recherches qui démontrèrent que les expériences de H. Ferran étaient absolument viciées par un défaut dans le manuel opératoire. En eflet, il fallait, comme l'ont montré MM. Dieulafoy et Krishaber, que la ligature de la canule introduite dans le tube trachéal des animaux fût assez lâche pour que des vapeurs ânes-

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