‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 57 sur 406 · ANESTHESIE ET ASPHYXIE · texte numérisé non relu

ANESTHESIE ET ASPHYXIE

tiels) qui président à la régularisation thermique une aclion qui n est pas négligeable.

Je vous parlais tout à l'heure des phénomènes communs à Tanesthésie et à Tasphyxie, et j*appelais votre attention sur la façon dont on avait pu, à un moment donné, interpréter les phénomènes d*anesthésie en les rapprochant de ceux de Tasphyxie. C'est qu'en effet il y a entre les deux phénomènes un rapprochement qui ne pouvait pas échapper aux premiers observateurs et à l'aide duquel on avait cru pouvoir interpréter l'action des anesthésiques. Nous allons voir que c'est là un simple rapprochement; et que l'action asphyxiante qu'on peut rencontrer dans l'emploi des anesthésiques est totalement différente de Tanesthésie vraie; en d'autres termes, qu'on peut obtenir une aneslhésie parfaite sans asphyxie, tandis que l'on ne pourrait obtenir d'asphyxie sans aneslhésie plus ou moins accentuée et durable.

Je vous ai parlé des observations qui avaient été faites relativement à l'action de la chaleur et du froid comme producteurs d'anesthésie.

Le froid est surtout un agent d'anesthésie locale; nous aurons l'occasion d'y revenir lorsque nous étudierons les analgésiques et les conditions dans lesquelles l'analgésie peut être réalisée. Un fait que je me bornerai à vous signaler maintenant est celui-ci , c'est qu'un refroidissement considérable arrête les combustions dans l'intimité des tissus; et la preuve de cette suspension est établie par ce fait que le sang veineux reste rutilant, absolument comme du sang artériel. D'ailleurs, chez les animaux hibernants, la marmotte, le loir, le hamster, animaux à température variable, on voit pendant la période d^hibernation des phénomènes analogues à ceux que l'on peut observer sous l'influence des anesthésiques, c'est-à-dire le ralentissement des échanges, la diminution du nombre des respirations, la léthai^ie; car, à proprement parler, le froid détermine chez ces animaux plutôt une léthargie qu'un véritable sommeil. Chez les animaux à sang chaud, au début de son action, le froid produit une exaltation douloureuse des propriétés fonctionnelles des fibres nerveuses sensitives; puis, un état d'insensibilité de plus en plus accentuée fait suite à cette première phase, et enfin la réfrigération persistant, la mort survient par asphyxie brusque ou lente.

Si le froid est capable de déterminer des phénomènes de ce genre,

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