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PHYSIOLOGIE GÉNÉRALE DE L'ANESTHÉSIE

Nous allons aborder aujourd'hui Tétude de la physiologie générale de Tanesthésie.

Lorsqu'un individu vivant, qu'il s'agisse d'un animal ou d'une plante, perd ses facultés sensitives et locomotrices sous l'influence des anesthésiques, il perd par là même les attributs caractéristiques de l'être animé, et il se -trouve réduit, dans une mesure plus ou moins étroite, à la vie qu'on a appelée la vie végétative, c'est-à-dire la vie d'une plante. Du temps de Bichat, si l'on avait connu cette propriété générale des anesthésiques, on n'aurait pas manqué d'invoquer le caractère que je viens de rappeler comme une preuve convaincante de la distinction à établir entre la vie animale et la vie végétative; ce qu'il y a de certain, c'est que les anesthésiques entravent, suspendent ou même suppriment des fonctions fondamentales sans lesquelles certains mouvements moléculaires intimes qui sont caractéristiques, corrélatifs de la vie, sont absolument impossibles.

La vie de relation est la première à disparaître, mais la vie végétative, qui subsiste un temps plus ou moins long, peut même êlre atteinte à son tour; et elle ne tarde pas à s'éteindre elle-même si l'action de l'anesthésique est prolongée d'une façon suffisante, si la quantité de l'anesthésique offerte à la cellule vivante est assez considérable.

C'est qu'en effet, comme je vous l'ai déjà dit, les anesthésiques agissent sur tous les éléments organiques sans exception : c'est là un fait qui a été bien mis en évidence par les belles recherches de Claude Bernard, recherches qu'il a publiées pour la première fois en 1877, au Congrès pour l'Association scientifique et qui ont été

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