‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 70 sur 406 · PÉRIODE D'EXCITATION CÉRÉBRALE · texte numérisé non relu

PÉRIODE D'EXCITATION CÉRÉBRALE

nous allons entrer ont pour vous, à beaucoup de points de vue, un très grand intérêt.

Manifestations psychiques. — Tout d*abord, les manifestations psychiques, celles qu'on a appelées modifications psycho-physiologiques.

La première période de l'action des anesthésiques est absolument comparable à la première période de Tivresse alcoolique; l'animal, si Ton peut ainsi dire, se dépouille absolument. Le premier effet des anesthésiques est de faire tomber le voile qui cache la véritable personnalité : il semble que les facultés supérieures permettent surtout de dissimuler le fond de la pensée et ne servent guère qu'à cacher la véritable nature du caractère; c'est à cette période que se révèle le fond, la nature brute de l'individu : un individu gai se mettra à rire, à chanter, à manifester sa gaieté, son exubérance d'une façon quelconque; un individu violent deviendra agressif; un mystique manifestera ses sentiments par des discours religieux et emphatiques, etc. Un peu plus tard, on observe la dissociation des idées, puis les erreurs de jugement.

Cette première période a été appelée période d'excitation cérébrale : elle est caractérisée par du délire, des rêves, des hallucinations sensorielles et des idées désordonnées. A ce moment, les sensations sont encore perçues, très nettement même, mais leur interprétation peut être, et est en général, absolument inexacte.

On a voulu trouver, dans cette période, la preuve de l'existence d'une hyperesthésie ; et on a basé cette opinion sur ce fait que, certains individus, à cette première période, ressentant le froid d'un instrument quelconque qui vient a les toucher, s'imaginaient sentir le tranchant du couteau et poussaient des cris de terreur sinon môme de douleur. Eh bien, il s'agit d'une illusion et non pas d'hyperesthésie vraie; c'est une illusion due à ce que ces individus s'imaginent que l'opération commence, qu'ils en ont peur, qu'ils croient sentir une douleur et la manifestent par des cris. C'est aussi, comme nous le verrons plus tard, la raison pour laquelle il faut, à cette période, laisser le malade dans le repos le plus absolu, pour éviter précisément une période d'agitation occasionnée par sa terreur, agitation qui serait nuisible à l'action subséquente de l'anesthésique.

Mais, un point sur lequel je m'étendrai un peu plus parce qu'il a un crand intérêt au point de vue pratique et au point de vue médico-

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