‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 71 sur 406 · ERREURS DE JUGEMENT · texte numérisé non relu

ERREURS DE JUGEMENT

légal, c*est celui qui est relatif à la mémoire des hallucinations. Des idées absolument opposées ont été émises au sujet de cette période de Tanesthésie : tandis que pour certains auteurs le souvenir des faits peut persister, d*autres au contraire souliennent que l'individu n'a plus aucun souvenir net, aucun souvenir précis des faits qui se sont passés. Gomme presque toujours, Messieurs, chacun a raison : voici des faits; rien né vaut les faits à cet égard. Comme vous allez le voir, ces faits possèdent au point de vue médico-légal une importance considérable sur laquelle j'appelle encore votre attention.

Voyons d'abord les erreurs de jugement. Elles fourmillent à celle période de Tanesthésie. Je vous citerai, entre autres, cet individu que Ton sondait et qui, croyant pendant ce moment se livrer au coït, accablait le chirurgien de caresses et de protestations d'amour; je vous citerai encore les rêves erotiques auxquels sont sujets beaucoup d'individus, notamment les femmes, pendant cette période du début de l'anesthésie.

A ce sujet, il y a lieu de tenir compte de la persistance de la dernière impression éprouvée au moment du sommeil complet où le jugement a été aboli, impression qui peut revenir au moment du réveil complet et qui fait croire à l'individu soumis à l'anesthésie que les actes se rapportant à cette impression se sont effectués en réalité. C'est ainsi que, quelquefois, des médecins ont été accusés d'avoir voulu abuser de leur malade pendant la chloroformisalion. Certaines femmes timorées ou impressionnables et suggestionnées en quelque sorte par la crainte et par le souvenir d'un rêve erotique, ont cru que l'anesthésiste avec lequel elles se trouvaient seules, avait abusé d'elles et ont porté contre lui des plaintes qui n'étaient pas justifiées : c'est un exemple de confusion, lors du retour à l'état normal, du rêve avec la réalité.

D'autre part, voici un fait tout différent, et il a été cité l'un des premiers comme démontrant l'absence complète du souvenir des phénomènes qui se sont passés pendant la période d'aneslhésie : c'est le fait de Sédillot, concernant une jeune fille de treize ans et demi qu'il a opérée pour des polypes nasaux assez nombreux. Cette jeune fille était très craintive, très peureuse : elle avait manifesté à maintes reprises une véritable terreur de l'opération, tellement que Sédiilot crut devoir prendre sur lui de la chloroformiser subrepticement, si l'on peut ainsi dire. Le jour désigné pour l'opération, on plaça auprès

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