MANIFESTATIONS MOTRICES
que 1 aneslhésie fût suffisamment profonde que ces accidents se sont produits,
Manirestations motrice». — La troisième période est celle que nous appellerons la période des manifestations motrices. Les régions de la moelle d^oii émanent les nerfs sensilifs sont fortement imprégnées; et déjà TinQuence des anesthésiques se fait sentir sur les régions motrices. Au début vous savez qu'il y a d*abord de la surexcitation, puis finalement de la paralysie. Celte surexcitation se manifeste d'une façon particulièrement sensible dans le domaine des muscles respiratoires; vous savez en effet qu'à un certain moment de l'anesthésie, la violence de la contraction motrice des muscles respiratoires est absolument remarquable. On observe aussi à ce moment la dissociation des mouvements des globes oculaires, puis le renversement, en arrière et sous la paupière supérieure, du globe oculaire. Ace moment encore se produit un peu de trismus, les dents sont plus ou moins fortement serrées, des mouvements désordonnés se montrent; et enfin on passe sans transition à la quatrième période, celle qu'on pourrait appeler la période de détente, de calme, c'està-dire la période pendant laquelle se réalise l'hypno-anesthésie profonde dont on doit profiter pour exécuter les opérations.
Cette période est celle qu'on pourrait appeler la dernière période de l'anesthésie chirurgicale. Ce n'est pas la dernière période de l'anesthésie, qui ne serait autre que la mort si l'on poussait l'anesthésie jusqu'au bout; c'est la période caractérisée par l'inertie, la résolution musculaire absolue, la cessation de tous les mouvements, mouvements volontaires aussi bien que mouvements réflexes : à ce moment on peut dire que la vie de relation est complètement éteinte, que la vie végétative subsiste seule, surveillée par le bulbe encore actif quoique affaibli, et par le système sympathique qui, à cette période, est encore à peu près intact.
A ce point de vue, la pupille est véritablement, comme on l'a dit, le miroir de l'anesthésie. En effet, au début, on observe que la pupille est légèrement dilatée; puis, au fur et à mesure que les progrès de l'anesthésie se font sentir,. la pupille se rétrécit sensiblement. Pendant ce temps, le réflexe rétinien persiste : si l'on place une lumière en face de l'œil d'un individu arrivé à cette période de l'anesthésie, on voit la pupille se contracter, peut-être un peu plus lentement, un peu plus difficilement qu'à l'état normal, mais pré-