INFLUENCE EXERCEE SUR LE BULBE
senter très nettement le réflexe rétinien. Au moment que nous venons d'appeler la quatrième période, caractérisée par Tinertie et la résolution musculaire, la pupille est contractée, le réflexe rétinien a disparu, le sujet est au point culminant de Tanesthésie, à ce point où Tin troduction brusque d'une quantité un peu considérable de Tanesthésique peut lui faire courir de graves dangers.
En efl*et, le bulbe, qui est encore resté à peu près intact — je dis à peu près, et je vais vous en donner tout à l'heure la preuve expérimentale, — le bulbe peut être influencé à son tour. Cette influence se traduira d'abord, comme tout à l'heure, par de la surexcitation : les freins du cœur, sollicités par cette action de l'anesthésique sur le bulbe, arriveront à déterminer l'arrêt, tandis que la respiration se trouvera plus ou moins fortement et vainement accélérée. Il peut se produire alors une syncope cardiaque avec persistance passagère de la respiration.
Puis, à cette excitation va naturellement succéder la période de paralysie : le cœur va se mettre alors à battre avec une vitesse absolument désordonnée, la respiration à son tour s'arrête; c'est l'asphyxie. Et ainsi se réalise ce phénomène, sur lequel j'ai déjà appelé votre attention, que la circulation survit à la respiration : le cœur meurt en dernier Heu, c'est YuUimum moriens. On observe à ce moment une dilatation brusque de la pupille, mais avec absence de réflexe rétinien.
Je vous disais tout à l'heure qu'à la période d'anesthésie chirurgicale le bulbe était déjà influencé dans une notable mesure; et, en efi^et, une très intéressante expérience de Vulpian va nous fournir à ce sujet une preuve absolument certaine. Vulpian a démontré que, même au début de l'anesthésie, avant la période de résolution musculaire et d'inertie complète, le centre respiratoire bulbaire ainsi que les cellules des ganglions lymphatiques qui constituent les centres d'excitation des mouvements du cœur sont touchés, et alors que la période d'hypno-anesthésie n'est pas encore réalisée. Il en a donné la démonstration expérimentale suivante.
Vous savez que lorsqu'on pratique sur un animal normal la section du pneumo-gastrique au cou et qu'on excite par un courant faradique le bout central du pneumo-gastrique ainsi sectionné on obtient un arrêt respiratoire qui dure environ une demi-minute, trois quarts de minute au maximum, puis la respiration reprend son