‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 76 sur 406 · MODIFICATIONS DES FONCTIONS PHYSIOLOGIQUES · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS DES FONCTIONS PHYSIOLOGIQUES

rythme à peu près normal. Si, au lieu d'exciter le bout central on excite le bout périphérique, c'est le cœur qui va s'arrêter en diastole pendant un quart de minute ou une demi-minute, puis les contractions cardiaques vont reprendre malgré la persistance de la faradisation. Cette expérience donne des résultats absolument constants et qui ont été vérifiés partons les physiologistes. Eh bien, si on répète cette expérience sur des animaux soumis à l'action d'un anesthésique, et cela je ne saurais trop le redire, quelle que soit l'époque de l'action anesthésique à laquelle on opère, on observe d'abord que l'arrêt est beaucoup plus facile que chez les animaux à l'état normal, c'est-à-dire qu'il suffit d'une excitation faradique d'intensité moindre pour déterminer l'arrêt; mais, en outre, il n'y a pas de reprise, soit de la respiration, soit des contractions cardiaques.

Ces expériences, comme l'a démontré Vulpian, réussissent surtout avec les animaux à système nerveux particulièrement impressionnable et ceux sur lesquels il a opéré de préférence étaient des chiens de chasse. Il est bon de rappeler ici ce fait, mis en évidence par les expériences de Paul Bert et autres physiologistes, qu'il n'y a pas seulement ressemblance mais identité absolue dans la marche del'anesthésie chez l'homme et chez le chien. Par conséquent, dans ce cas particulier, les expériences effectuées chez les chiens sont absolument applicables à l'homme.

De plus, Vulpian a encore montré qu'on pouvait obtenir un arrêt réflexe immédiat de la respiration en électrisant le bout central du sciatique chez des chiens en état d'hypno-anesthésie sous l'influence du chloroforme ou del'éther. Il en résulte donc que les fonctions de la moelle comme organe transmetteur ne sont pas entièrement suspendues, ainsi qu'on aurait été tenté de le croire, et que la syncope respiratoire est due à l'épuisement nerveux achevant la paralysie du bulbe déjà commencée sous l'influence de la substance anesthésique et qui devient absolument complète par une excitation, môme faible, produite sur un nerf mixte comme le sciatique.

D'ailleurs, ce n'est pas là la seule preuve que les hypno-anesthésiques mettent l'organisme tout entier dans un état absolument anormal; on observe en effet des modifications notables des diverses fonctions physiologiques de l'organisme sous l'influence des anesthésiques. '

Pour vous en donner un exemple, que vous connaissez sans doute.

Page 1