‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 77 sur 406 · THÉORIE GÉNÉRALE DE L'ACTION DES ANESTHÉSIQUES · texte numérisé non relu

THÉORIE GÉNÉRALE DE L'ACTION DES ANESTHÉSIQUES

raction des poisons est très différente chez les animaux en état d'hypno-anesthésie ou chez les animaux à Tétat normal. Il y aurait certainement des considérations sur lesquelles on pourrait s'étendre relativement à la plus ou moins grande activité de la circulation chez des animaux à Tétat normal ou sous Tinfluence de Tanesthésie ; mais il est très facile d'éliminer ce facteur; et si nous prenons par exemple une substance toxique d'une activité extrême, comme l'acide cyanhydrique, avec laquelle il ne pourra plus être question d'une rapidité plus ou moins atténuée dans la circulation, nous pourrons voir que l'acide cyanhydrique, qui, comme vous le savez, est un poison foudroyant, ne déterminera plus d'action chez les animaux qui seront sous l'influence des hypno-anesthésiques tant que cette hypno-anesthésie durera; mais lorsque la période d'hypno-anesthésie sera passée, quand le réveil succédera au sommeil, alors on verra se manifester d'une façon presque foudroyante l'action de l'acide cyanhydrique qui ne s'était pas manifestée pendant la durée de l'hypnoanesthésie. Je vous rappelle aussi ce fait que la strychnine est absolument sans effet sur un animal en cours d'hypno-anesthésie.

Un autre phénomène du même genre est celui qui a été mis en évidence par Legallois lorsqu'il faisait ses recherches sur le système nerveux chez les animaux; il a montré que, chez les jeunes lapins, il y avait une survie momentanée après la destruction des régions dorsale et lombaire de la moelle lorsqu'il détruisait ces régions en passant un stylet dans le canal vertébral. Ce sont là des exemples évidents des modifications profondes déterminées dans l'organisme par les substances anesthésiques.

Théorie oé:«érale de l'actiok physiologique des aivesthésiQUES. — Maintenant, que nous avons envisagé d'une façon un peu générale les phénomènes de l'anesthésie, voyons si nous allons pouvoir nous en rendre compte, c'est-à-dire pouvoir interpréter le mécanisme à l'aide duquel les modifications que je vous ai retracées se produisent dans l'économie.

En effet, comme l'a fait remarquer Claude Bernard l'un des premiers, sinon même le premier, il est absolument insuffisant de savoir empiriquement comment et à quelle dose il faut donner un médicament, si un médicament agit dans une circonstance déterminée et quels sont les résultats obtenus. Certes, rassembler des observations, coUationner des résultats, les comparer les uns aux autres, établir

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