THEORIE DES NERVI-NEHVORUM
incessantes jusqu'à ce qu'elle tombe épuisée et succombe au sommeil, insensible à de nouvelles excitations. Souvent, le corps de la cellule lui-même est modifié; il est devenu ovoïde, globuleux; on a peine à reconnaître une cellule pyramidale. On constate des modifications semblables dans les prolongements de protoplasma des cellules de Martinotti (cellules à cylindre-axe ascendant de la couche des cellules polymorphes). Les cellules mitrales du bulbe olfactif, type parfait de neurone sensitif central, présentent aussi le même aspect; rétraction des pseudopodes et épaississement de la tige protoplasmique allant du corps de la cellule mitrale au glomérule, en même temps que cette tige présente de gros renflements olivaires presque continus : dans le glomérule correspondant, la ramification dendritique de la cellule mitrale s'est légèrement écartée de l'arborisation cylindraxile terminale de la cellule olfactive.
Voilà donc des faits expérimentaux prouvant ces mouvements dans les ramifications d'un neurone sensitif central, cellule mitrale olfactive, comme dans celles des neurones psychiques, cellules pyramidales, et dans celles des neurones moteurs centraux, cellules de Martinotti; et M. Robert Odier (de Genève) a étendu ces observations aux cellules nerveuses de la moelle épinière.
MM. Mathias-Duval, Deyber et Manouélian ont émis l'hypothèse que ces mouvements d'écarts et de rapprochements étaient sous la dépendance des nervi-nervorum, éléments nerveux modifiant le fonctionnement, c'est-à-dire le contact des prolongements protoplasmiques des neurones, comme les vaso-moteurs ou les nerfs cardiaques modérateurs gouvernent l'activité d'autres éléments nerveux : cette fonction serait dévolue aux fibres centrifuges intra-glomérulaires, étudiées surtout dans ces derniers temps par M. Manouélian, fibres qui présideraient à la réception des excitations nerveuses en provoquant l'état de rétraction ou d'allongement des arborisations protoplasmiques, c'est-à-dire le passage plus ou moins facile du courant nerveux.
Ce seraient alors ces nervi-nervorum qui ressentiraient de la façon la plus exquise l'action des hypno-anesthésiques, celle des hypnotiques, aussi bien que celle des matériaux de déchet du fonctionnement normal des cellules amenant le sommeil naturel, comme, pour prendre un exemple, le pneumogastrique ressent, d'une. façon particulièrement intense, l'action de l'atropine.