‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 96 sur 406 · LA MOELLE N'INFLUENCE PAS LE CERVEAU · texte numérisé non relu

LA MOELLE N'INFLUENCE PAS LE CERVEAU

toxique lorsque la circulation est intacte, ou même lorsqu'elle est gèuée dans une certaine mesure.

Pour mettre cela en évidence, on va répéter devant vous une expérience qui consiste à prendre deux grenouilles, aussi semblables que possible Tune à lautre : à Tune, on pratiquera exactement la même opération que celle qu'on vient de pratiquer sur la grenouille i laquelle on injecte en ce moment du chloroforme, on lui enlèvera le ciBur et les gros vaisseaux, puis on fera chez ces deux animaux une injection de la même quantité d'une solution de sulfate de strychnine. L'uDe des grenouilles aura sa circulation intacte, Tautre sera privée, autant qu'il est possible, de circulation.

Vous allez voir que, dans un espace variant de dix à vingt minutes au maximum, la grenouille dont la circulation est intacte aura une crise tétanique caractéristique de strychnisme, tandis qu'au bout d'un temps beaucoup plus considérable la grenouille dont la circulation a été réduite à zéro ne manifestera aucun symptôme, la crise tétanique pouvant mettre jusqu'à plusieurs heures avant de se montrer.

Dans le cas de cette grenouille chez laquelle on introduit une substance anesthésique, une solution de chloroforme, dans le train antérieur après lui avoir enlevé le cœur et les gros vaisseaux, l'anesthésie se produit quand même; elle se produit au bout d'un temps un peu plus considérable que celui après lequel elle se montre chez la grenouille normale, mais l'anesthésie est complète et aussi marquée que celle qu'on peut observer chez l'animal intact.

D'autre part, si l'on répète la même expérience en pratiquant cette fois l'injection d'eau chloroformée non plus dans le train antérieur, mais dans le train postérieur de la grenouille, on constatera une anesthésie qui sera limitée exactement à la région dans laquelle la substance anesthésique aura pu se répandre par le fait de la circulation capillaire et de Timbibilion : la région inférieure de la moelle et les nerfs sensitifs qui en émergent subiront les effets de l'anesthésique, tandis que la tête et le train antérieur, à l'abri du contact direct grâce à la ligature, resteront indemnes.

Nous observons donc ici que le phénomène inverse de celui que je vous signalais tout à l'heure ne se produit pas, c'est-à-dire, pour employer l'expression dont se servait Claude Bernard, que la moelle n'influence pas le cerveau, que la partie inférieure de la moelle

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