‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 99 sur 406 · MORT NATURELLE DU NERP · texte numérisé non relu

MORT NATURELLE DU NERP

nerfs mixtes, un moyen de dissocier les éléments sensitifs des éléments moteurs, au moins au point de vue physiologique. Toutes ces expériences et ces considérations nous permettent donc de conclure que les aneslhésiques abolissent la sensibilité, non pas en altérant de façon quelconque les fibres nerveuses sensitives, mais en empêchant leur fonctionnement de produire son effet par suite des modifications qu'ils déterminent dans les centres nerveux.

11 est intéressant de se rendre compte de la façon dont Tanesthésie peut arriver à déterminer ces phénomènes. Claude Bernard a comparé les faits qui se produisent dans ce cas à ceux qui se produisent lors de la mort naturelle du nerf sensitif. En effet, la cessation des propriétés vitales, des propriétés fonctionnelles d'un nerf sensitif suit exactement la même marche que celle que nous venons de reconnaître sous l'influence de Tanesthésie. Claude Bernard ne manquait pas de faire ressortir à ce sujet combien les phénomènes physiologiques, les phénomènes pathologiques, les phénomènes toxiques ou thérapeutiques, se rattachent à des lois communes ; et il s'appuyait aussi bien sur les phénomènes produits par les aneslhésiques que sur ceux dus au curare pour arriver à celte démonstration.

Deux conditions sont nécessaires pour la manifestation de la vie : l'organisme, le milieu. Il est évident que toucher à l'organisme, toucher au nerf sensitif, produirait une modification telle que la vie cesserait immédiatement. Il est bien plus intéressant de voir, pour nous expliquer les phénomènes observés, ce que peut déterminer la soustraction progressive ou seulement la modification du milieu normal et de chercher le rôle que jouent ces modifications dans la mort naturelle de l'organisme.

Le milieu normal d'un nerf sensilif est le sang, et ce liquide constitue une condition indispensable à l'entretien de sa vie : eh bien, si l'on soustrait le sang à un nerf sensilif, on peut le faire soit à Texlrémité périphérique, soit à l'extrémité centrale; les phénomènes qu'on observe sont alors absolument différents.

Si Ton vient à effectuer cette soustraction du sang à l'extrémité périphérique du nerf sensitif, on voit se produire une modification locale ou môme une coagulation de la substance nerveuse entraînant un certain ralentissement ou même une perte locale des propriétés fonctionnelles du nerf; mais ce n'est pas la mort véritable, attendu que ce nerf sensitif garde ses propriétés pendant un temps plus ou

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