‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 103 sur 486 · PAS D'ÉPARGNE DES ALBUMINOÏDES · texte numérisé non relu

PAS D'ÉPARGNE DES ALBUMINOÏDES

ration alimentaire le remettant dans son état normal et supprimant cette perte de 1 gramme 755 d'azote qui s'effectuait aux dépens des matières albuniinoïdes de son organisme.

On lui fournit une quantité double d'alcool : au lieu de lui en donner 58 grammes, on lui donnait, sous forme de vin rouge titrant 9 p. 100 d'alcool, une proportion de 135 grammes d'alcool, représentée par un litre et demi de vin, proportion plus que suffisante, par conséquent, pour combler le déficit de cette ration alimentaire, — et c'est là un point sur lequel j'attire toute votre attention, car il soulève une critique sur laquelle nous allons revenir dans un instant. — Cette proportion de 135 grammes d'alcool correspondait à 945 calories, quantité par conséquent de beaucoup supérieure à celle qui manquait à son régime alimentaire pour constituer un régime normal, attendu que ces 945 calories, ajoutées aux 2154 calories produites, font un total de 3099, chiffre bien supérieur à celui que peut exiger, au maximum, l'entretien d'un individu de cette taille et de ce poids.

Eh bien. Messieurs, malgré l'addition de ce litre et demi de vin rouge à sa ration alimentaire, addition faite, bien entendu, en plusieurs fois, de façon, à la répartir sur la période de vingt-quatre heures, le déficit d'azote continua et fut de 1 gramme 635 par jour. Vous voyez que la différence est si minime que, comme le fait observer Rosemann, elle peut-être attribuée soit aux erreurs d'analyse, soit à toute autre cause accidentelle. Il en résulte que, malgré l'introduction dans ce régime alimentaire d'une quantité d'alcool presque double de celle nécessaire pour reconstituer le régime normal, la ration de matières albuminoïdes n'étant pas suffisante, l'individu a continué à vivre sur son capital, à brûler ses matières albuminoïdes en réserve; et que, par conséquent, on est parfaitement en droit de conclure que l'alcool est absolument incapable d'épargner l'usure, la combustion des matières albnminoïdes de l'organisme, puisqu'ici une quantité d'alcool équivalente à près de 200 grammes d'aliments hydrocarbonés n'a pu arrêter, ni même entraver sensiblement, les pertes d'azote.

S'il est évident qu'il épargne la combustion des hydrates de carbone et surtout des graisses, car il est très facile d'arriver, soit chez l'homme, soit chez les animaux, à déterminer une augmentation de poids, une accumulation de graisse, en introduisant une certaine

186 EXPERIENCE DE ROSEMANN

quantité d'alcool dans la ration alimentaire, d'autre part, les expésemblent prouver, d'une façon certaine, que les matières jîdes de l'économie ne sont, en aucune façon, préservées de ibustion par l'introduction de l'alcool, même à dose supécelle qui semblerait capable de réaliser cette économie en lant le dégagement, dans l'oi^anisme, d'un nombre de caloisant pour remplacer le nombre de calories résultant de la ion de ces matières albuminoïdes.

18 disais tout à l'heure qu'il y avait une critique à faire à )érienceet qu'à mon sens cette critique résultait surtout de la

peut-être exagérée, d'alcool qui avait été administrée au , en elTet, lorsque l'on songe que l'alcool, lorsqu'il est intros l'organisme, détermine si facilement des phénomènes très s, suivant que la proportion qui a été introduite augmente : mesure relativement faible, je me demande si cet individu, s fait de l'exagération de la quantité d'alcool qui semblait re pour lui restituer sa ration normale, ne s'est pas trouvé

mauvaises conditions expérimentales. Je me demande si nce, étant recommencée avec une quantité strictement suffiilcool pour représenter la quantité de calories dont je parlais heure, conduirait aux mêmes résultats, lieu de 135 grammes d'alcool on lui en avait fourni seule- , il pourrait très bien se faire que la perte en azote eût été ille, tout au moins réduite dans une certaine proportion. Nous en elTet plus tard. Messieurs, que les quantités d'alcool qui ables de déterminer des phénomènes d'intoxication ou, car est peut-être un peu fort, des phénomènes plutôt nuisibles pour l'organisme, nous verrons que cette dose est extréme- •isîne de la dose suffisante pour déterminer cette même épargne; et, pour l'alcool plus encore peut-être que pour les ibstances qui sont des stimulants du système nerveux, lorsque ve à la dose nécessaire pour déterminer une stimulation, se est très facilement dépassée et provoque alors très prompme dépression beaucoup plus intense que la stimulation qui idée et sur laquelle on comptait.

jrécisément clans ce fait qu'il faut trouver le point critiquable expérience ; mais, dans tous les cas, il en ressort cette conclun évidente que l'alcool, pas plus d'ailleurs que les autres

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