VARIATIONS DES MATÉRIAUX URINAIRES
analyse douze, vingt, vingt-quatre heures après Tingestion d'une certaine proportion d'alcool, alors on s'aperçoit que, tandis que l'urée, l'acide urique, l'acide sulfurique, l'acide phosphorique, avaient diminué au début, à la condition que l'apport nutritif en matériaux azotés soit largement suffisant, on observe, dis-je, que le chiffre de ces éléments augmente ensuite dans une notable proportion, et augmente dans une proportion différente pour chacun d'eux, proportion fort intéressante, comme vous l'allez voir, et qui va nous donner la clef du mécanisme par lequel l'alcool agit sur la nutrition.
En effet, je vous ai cité dans notre dernière réunion la très intéressante expérience de Rosemann sur un individu en état de nutrition insuffisante : eh bien, Messieurs, cette diminution de l'élimination d'urée, d'acide urique, d'acide sulfurique et d'acide phosphorique, est observée toutes les fois que l'apport nutritif en éléments azotés est largement suffisant pour subvenir aux besoins de l'éco- C
noraie. J'insiste sur ce fait parce que c'est la clef des résultats j
expérimentaux qui ont été publiés par les différents expérimentateurs : o
si l'alcool est donné à un individu qui n'a pas besoin de faire des économies, c'est à dire chez lequel se trouve une quantité plus ou moins considérable d'albumine en excès, sous forme d'albumine S m c circulante, non indispensable au fonctionnement de l'organisme, ce ^ o } sujet réalisera une épai^ne de cette matière azotée : alors, en effet, ç ?
on observe l'épargne de cette matière albumidoïde circulante, alors on observe la diminution des chiffres de l'urée, de l'acide urique, de l'acide sulfurique, de l'acide phosphorique, que je signalais tout à l'heure, c'est à dire une épargne de cette albumine qui est en excès, qui ne sert absolument à rien dans l'économie, sinon peut-être à donner plus tard naissance à des dépôts d'acide urique, à la formation de produits incomplètement oxydés, à constituer, en quelque sorte, le terrain arthritique.
Mais quand la ration d'albumine alimentaire devient strictement suffisante, à plus forte raison quand elle est insuffisante, comme le montre l'expérience de Rosemann, alors l'ingestion de l'alcool n'empêche plus du tout l'usure de l'albumine plastique. Bien loin de l'empêcher, si, comme je le disais tout à l'heure, on continue l'analyse des urines pendant une période de temps suffisamment longue après l'administration de l'alcool, on s'aperçoit que cette usure des maté-
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riaux azotés, des matériaux plastiques, est comme fouettée par Tiofluence de laicool, et que, à cette diminution de Turée, de l'acide urique, de Tacide sulfurique et de lacide phosphorique que je signalais tout à l'heure, va succéder, au contraire, une élimination plus abondante des mêmes éléments.
Cette augmentation dans la désassimilation de Tazote constitue ce que j'appellerai la période de retour : après Faction d'une dose suffisante d'alcool, par exemple lorsqu'un individu ou un animal a ingéré en une seule fois une dose subtoxique d'alcool, c'est à dire une dose d'alcool incapable de déterminer des accidents graves, mais capable de se manifester par des accidents légers, tels par exemple, que le second degré de l'ivresse, eh bien, dans ces circonstances, après la phase de diminution de l'azote, et par conséquent d'épargne, dans une certaine mesure, des matières azotées, nous allons assister à une phase d'élimination plus considérable de ces matériaux azotés; et, dans cette seconde phase, on s'aperçoit que l'élimination de l'azote peut atteindre jusqu'à 10 p. 100 en plus de l'élimination de l'azote è l'état normal. Voilà, n'est-il pas vrai, un drôle d'aliment d'épargne que celui-là! Et on en peut dire autant de tous les autres.
Mais, Messieurs, étudions encore plus attentivement la façon suivant laquelle se désassimile le phosphore. Vous avez sans doute déjà pensé que l'alcool, comme toutes les substances médicamenteuses agissant en quelque sorte d'une façon particulièrement élective sur le système nerveux, détermine, dans la constitution chimique de ce système nerveux, des modifications qui sont révélées par la valeur de l'élimination du phosphore.
L'on observe ce résultat, qu'avec l'alcool, comme nous l'avons déjà vu d'ailleurs avec tous les hypno-anesthésiques, et notamment le chloroforme, la désassimilation de la substance nerveuse évaluée en fonction de la quantité de phosphore éliminé, est moindre pendant la période d'excitation; au contraire, elle est beaucoup plus active pendant l'état comateux qui suit cette période d'excitation, et beaucoup plus considérable, à ce moment, que ne l'est la désassimilation de la substance musculaire ; et la preuve, c'est que l'on obtient pour l'élimination de l'acide phosphorique des chiffres absolument inverses de ceux que je vous ai signalés tout à l'heure à propos de l'azote : l'acide phosphorique augmente quand l'urée diminue, et réciproquement. Cela n'a rien qui doive étonner, car j'ai déjà appelé