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UTILISATION PLUS EFFICACE DES RÉSERVES

Totre attention sur Taction dissolvante particulière que lalcool exerce sur les matières grasses et les substances analogues, notamment la lécithine : il en résulte que, en présence de Talcool condensé et localisé par la substance nerveuse, la lécithine serait plus facilement désassimilée qu*à Tétat normal; et l'augmentation dans Tcxcrélionde Tacide phosphorique serait le témoin de cette désassimilation plus considérable de la lécithine.

Dans tous les cas, un fait constant, quelle que soit la substance toxique ou même le phénomène ayant donné lieu à une dépression du système nerveux, c'est que, toujours, la désassimilation du phosphore augmente, quelle que soit du reste l'origine de cette dépression imprimée au système nerveux.

Eh bien. Messieurs, vous voyez que s'il est exact de dire que le plus souvent, c'est-à-dire aux doses que nous appelons thérapeutiques ou hy^éniques de l'alcool, on observe une diminution dans l'excrétion des matériaux de désassimilation, c'est surtout aux doses moyennes que cette épai^ne des substances nutritives dans l'organisme est réalisée, et que la diminution de la métamorphose des albuminoïdes — j'insiste là dessus parce que je considère ce point comme extrêmement important, — ne porte que sur les albuminoïdes de réserve, les albuminoïdes constituant la trame des tissus étant toujours décomposés, quelle que soit la quantité d'alcool, faible ou forte, en présence de laquelle ils se trouvent dans l'organisme; de sorte que nous pourrons dire : s'il est vrai que l'alcool épargne la destruction de certaines substances, notamment des hydrates de carbone, et surtout des graisses, l'épargne qu'il exerce à l'égard des matières albuminoïdes est à peu près nulle, et cette épargne n'est en aucune façon intéressante, parce que ces albuminoïdes constituent ce que l'on peut appeler des aliments de luxe, qui n'ont pas leur utilisation immédiate.

En d'autres termes, l'alcool est un aliment de travail quand les

conditions de la reconstitution azotée sont absolument assurées,

plutôt luxueuses même pour l'organisme. Incontestablement,

l'alcool, à faible dose, permet, comme la caféine, une utilisation plus

efficace des réserves, stimule le système nerveux; mais j'ajouterai,

produit beaucoup plus rapidement encore que la caféine la paralysie,

Finhibition du système nerveux. Comine conséquence de cette action

secondaire, les actes de désassimilation se trouvent excités et

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remportent de beaucoup sur la période d'épargne que Ton peut observer au début de Texpérîmentation.

D'autre part, nous savons que le ralentissement des phénomènes de nutrition n'est pas compensé par les oxydations subies par ralcool dans l'organisme et par le dégagement de chaleur qui en résulte. D'ailleurs, il ne faut pas perdre de vue que la chaleur animale est, dans toutes les circonstances, la résultante d'une foule de réactions : parmi ces réactions, les unes sont exothermiques, comme les oxydations, c'est-à-dire dégagent de la chaleur ; mais à côté de ces oxydations, vous n'ignorez pas qu'il y a dans l'oi^nisme un nombre considérable de métamorphoses qui se font par déshydratation : ces réactions sont endothermiques, c'est-à-dire consomment de la chaleur; de telle sorte, qu'en définitive, l'équilibre de la température résulte de conditions essentiellement variables, surtout lorsqu'il intervient, comme c'est le cas pour l'alcool et pour les modificateurs du système nerveux, une régulation plus ou moins entravée ou viciée des centres thermogénétiques qui, comme vous le savez, gouvernent la calorification dans l'oi^anisme. Il en résulte qu'il est bien difficile d'attribuer à l'alcool la part exacte qui lui revient, d'une part comme substance déterminant un abaissement de la température, à cause de son action sur le système nerveux, et, d'autre part, comme agent capable de produire une élévation de température par suite de sa combustion dans l'organisme.

Action sur le système nerveux. — Maintenant que nous avons étudié l'action de l'alcool sur les différents appareils, voyons quelle est la symptomatologie générale de l'intoxication par l'alcool c'està-dire étudions, en d'autres termes, son action sur le système nerveux en général, car c'est le meilleur moyen d'approfondir cette symptomatologie, et de voir quelle est l'action excercée par l'alcool sur Torganisme de l'homme, celle qui nous intéresse le plus.

L'expérimentation sur les animaux nous apprend, tout d'abord, que l'ingestion, en une seule fois, de 40 à 50 grammes d'eau-de-vie, c'està-dire d'un alcool à 45 p. 100 d'alcool absolu, en moyenne, détermine chez ces animaux un ensemble de phénomènes qui se caractérise par la série de symptômes suivants. Les animaux deviennent d'abord silencieux, leur démarche est incertaine et vacillante, ils sont plongés dans une sorte d'engourdissement; puis, au bout d'un temps relativement court, on observe de la paralysie qui débute par

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