HYPNOSE ET ANESTHESIE
les membres postérieurs, une anesthésie consécutive plus ou moins accentuée, pouvant devenir complète si la masse de T animal n*est pas par trop considérable relativement a la quantité d*alcool que je signalais tout à Theure, anesthésie qui est accompagnée d*une résolatioo musculaire plus ou moins complète elle-même.
L'animal semble en état de sommeil, il est calme, silencieux; si Ton observe la pupille à ce moment, elle apparaît dilatée, alors qu au moment de Tingestion elle avait subi une contraction passagère assez notable. A cette période, le pouls est accéléré ; — chez le chien, on Ta vu atteindre jusqu'à 216 pulsations par minute — il est large, bondissant; puis, à mesiure que la période de sommeil devient de plus en plus accentuée, on observe un ralentissement très notable, — du chiffre de 216 que je citais tout à l'heure, le pouls tombe, chez le même animal, à 42 — il est de plus en plus petit, irrégulier, et finit par devenir à peine perceptible. La respiration est fréquente au début, atteignant jusqu'à 60 mouvements respiratoires par minute, elle est ample, facile; puis, toujours au fur et à mesure que la période de somnolence s'établit, on voit qu'elle devient irrégulière, saccadée, quelquefois stertoreuse : elle est extrêmement ralentie, puisque chez le même animal chez lequel nous venons tout à l'heure de trouver 60 mouvements respiratoires par minute, on peut, au moment du sommeil profond, n'en plus observer que 5. Si la dose a été suffisamment élevée pour déterminer la mort, on peut voir que l'arrêt de la respiration précède toujours notablement celui du cœur : c'est là un phénomène que nous avons rencontré constamment dans l'étude de l'action physiologique des substances hypnoanesthésiques ou même des substances hypnotiques.
Lorsque la dose est insuffisante pour tuer l'animal, et c'est le cas pour la dose de 40 à 50 grammes ingérée par un chien du poids moyen de dix kilos, le rétablissement est annoncé par la réapparition de la sensibilité de la conjonctive, suivie de petits mouvements automatiques : au bout de 30 à 40 minutes on peut constater le début du réveil des sens; mais c'est seulement le lendemain que l'animal a recouvré à peu près complètement son état intellectuel normal et la faculté de se mouvoir. Une dose de 120 grammes est une dose mortelle.
Il en résulte qu'en ce qui regarde les animaux tout au moins, on peut diviser en trois périodes la série des phénomènes que provoque