‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 114 sur 486 · ALTERATION DE LA CELLULE NERVEUSE · texte numérisé non relu

ALTERATION DE LA CELLULE NERVEUSE

complète, ou bien une accumulation énorme de sang dans les centres nen'eux, ou bien au contraire, un état plus ou moins exsangue du cerveau : ces modifications de la circulation sont importantes à considérer, mais, comme le faisait remarquer Claude Bernard, ne sont absolument qu'accessoires dans la série des phénomènes qui constituent la symptomatologie de Tivresse. Dans tous le cas, cette altération de la cellule nerveuse est certaine et bien prouvée par les troubles consécutifs prolongés succédant à l'absorption de Talcool, ainsi que par ce fait que Ton observe également ces troubles chez les individus qui font une cure d'alcool et qui se trouvent soustraits complètement à r influence de leur poison familier.

Tous ces phénomènes prouvent l'altération notable de la cellule oerveuse; et cette altération de la cellule nerveuse m'amène, tout naturellement, à vous parler d'une hypothèse qui a été reprise dans ces dernières années et à l'aide de laquelle on a essayé d'interpréter l'action narcotique non seulement de l'alcool, mais de toutes les substances hypno-anesthésiques. Si je reviens sur ce sujet. Messieurs, c'est pour vous faire voir la difficulté de l'interprétation de ces phénomènes, d'une part, et, en même temps, pour vous montrer — je crois que ce n'est pas inutile d'y insister, — combien il est important souvent, au point de vue de l'étude des substances médicamenteuses, d'avoir recours à toutes les interprétations, c'est-à-dire à ce qui, dans chacune des interprétations qui ont été données, peut servir à éclairer l'étude d'une question.

L'hypothèse à laquelle je fais allusion fut émise pour la première fois en 1847 par von Bibra et Harlen : pour ces auteurs, c'était par suite de la soustraction de graisse aux cellules nerveuses, c'est-à-dire par suite de la solubilisation de la graisse dont je parlais tout à l'heure, que l'alcool détermine l'action hypnotique que nous lui voyons produire. Hermann, en 1886, reprit cette hypothèse en lui donnant une nouvelle forme, et en admettant que c'était la dissolulion de la lécithine qui déterminait cette action hypnotique : il donnait comme preuve de son interprétation que l'alcool agit surtout sur les hématies, ainsi que nous l'avons vu, et que c'est par suite de la dissolution de la lécithine contenue dans les hématies que l'alcool exerce sur le globule sanguin cette action si remarquable et cette dépression de son pouvoir dynamisant vis à vis de l'oxygène; on pourrait même, ajoutait ce savant, observer aussi la dissolution de

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