‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 117 sur 486 · EFFETS NUISIBLES DE L'ALCOOL · texte numérisé non relu

EFFETS NUISIBLES DE L'ALCOOL

valeur en ce qui regarde la morphine et d'autres hypnotiques solides tels que les sulfonalides, certains chloralides, etc., composés plus ou moins parfaitement insolubles dans Teau et qui constituent cependant des hypnotiques puissants : il est impossible de faire intervenir pour ces substances l'action de solubilisation exercée sur les graisses, la lécithine, etc. C'est vous répéter qu'il est absolument indispensable de faire intervenir non pas une seule interprétation, mais un certain nombre d'interprétations différentes, ce que je me suis déjà efforcé de vous démontrer à propos des théories physiologiques du sommeil*.

J'arrive maintenant, Messieurs, aux effets nuisibles de l'alcool. Eh bien, ces effets nuisibles de l'alcool, on peut dire qu'ils commencent dès que l'alcool imprègne la cellule nerveuse en aussi petite quantité que ce soit. Cette imprégnation se fait d'abord aux dépens des ganglions de la substance grise du cerveau; ce sont les premiers atteints, d'où résulte une rapide explosion de phénomènes caractérisés par l'excitation psychique; c'est ensuite le cervelet qui est intéressé, d'où l'incoordination motrice; enfin la moelle entre en jeu à son tour, el de ce fait dérive l'obstacle à la propagation des excitations sensitives d'abord, puis des excitations motrices; enfin le bulbe subit en dernier lieu l'influence de la substance toxique, et cette action devient la cause des modifications que l'on voit survenir dans la respiration et dans la circulation. Gomme nous l'avons déjà vu au sujet des hypno-anesthésiques, le bulbe est Yultimum moriens avec l'alcool. D'autre part, les appareils de la sensibilité sont toujours paralysés d'une façon beaucoup plus précoce que les appareils de la motilité.

Les effets nuisibles de l'alcool sont contenus dans la description de l'ivresse. On reconnaît à cette ivresse trois degrés, qui sont parfaitement caractérisés et manifestent chacun une symptomatologie tout à fait spéciale : j'appelle votre attention sur ce point, parce que, comme vous l'a] lez voir en suivant attentivement la description de ces phénomènes, vous aurez maintes fois, au point de vue médico-légal, à en tenir compte, à les interpréter; et souvent, de cette interprétation dépendra un jugement qui pourra être plus ou moins sévère à l'égard de celui qui l'aura provoqué.

Voyons en quoi consiste le premier degré de l'ivresse : il n'est certes pas désagréable, et permet de comprendre que les individus

Page 1