‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 119 sur 486 · PREMIER DEGRE DE L IVRESSE · texte numérisé non relu

PREMIER DEGRE DE L IVRESSE

commune, comme le fait remarquer Lauder-BnintoQ, & qui l'on doit cette remarque très philosophique : lorsque l'oD est en train de travailler et que les idées viennent plus ou moins difficilement, que le sujet de travail est assez délicat, on a recours, pour faciliter la mise œuvre du cer\-eau, à une excitation des extrémités terminales de cinquième paire : on se gratte la tâte, le front, le menton, on tore sa moustache, on se livre machinalement à toutes sortes de luvements qui ne sont, en somme, autre chose que des excitations i extrémités terminales des branches du trijumeau. Au même but jutissent les actions de se moucher, de priser, de fumer, de mâcher t des substances sucrées, soit des substances sapides ou aromatisa quelconques, déterminant précisément cette excitation des Témités terminales de ta cinquième paire, et il en est ainsi lorsque Icool est introduit à l'état d'eau-de-vie, et surtout de bonne eau-debien parfumée, dans la cavité buccale; mais, comme toujours, la daille a un revers : à cette stimulation succède bientôt l'accoutuince et la nécessité d'élever les doses ; nous arrivons alors rapident à l'abus, c'est-à-dire à l'alcoolisme plus ou moins accentué. Mais, reprenons la description dont je viens de m'écarter. Le point ' lequel je veux attirer surtout votre attention, c'est la symptomaogie de ce premier degré : l'individu- devient plus courageux, plein générosité, prodigue de marques de tendresse ; on voit les idées es se succéder rapidement et s'exprimer sous une forme loquace expansive; les gestes et les mouvements sont brusques, particitt à l'alacrité musculaire qui caractérise cette phase; ou bien, ilquefois, au contraire — vous savez que l'on dit de certaines gens ils ont le vin triste, — on constate un penchant irrésistible à la itesse, à la colère; on voit les individus les plus calmes devenir ■essifs, quelquefois même on note des impulsions suicides et hernies, mais cela rentre dans des cas particuliers sur lesquels je iendrai un peu plus tard.

Ze qu'il y a de certain et de constant, c'est la perte du sentiment la réalité : l'individu, dans cette période, est heureux, oublie les luis, manifeste des tendances erotiques. Sine Baccko friget Venus, aient les Latins ; mais ils n'avaient pas laissé de constater combien te excitation est déprimante et fugace; et Tibulle l'a fort bien quaée dans son fameux vers ; Saepè luo (Baccko) cecidil munere victus lor. Le sujet veut faire partager son bonheur, il voit toutes choses

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