‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 120 sur 486 · MODIFICATIONS PSYCHO-SENSORIELLES · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS PSYCHO-SENSORIELLES

SOUS laspect le plus riant; comme je Tait dit déjà pour le chloroforme, la bride est lâchée à toutes les passions qui se trouvent alors débarrassées d'entraves et de voiles ; la bète réparait. Mais ce qu'il y a de fâcheux, c'est que cet état d'excitation, que les uns recherchent avec Talcooly d'autres avec différentes substances conduisant à peu près au même but, cet état d'excitation devient peu à peu indispensable; l'individu s'y complaît, cherche à le prolonger et passe insensiblement au deuxième degré de l'ivresse.

L'augmentation des forces, qui est si nette, si intense, même au début du troisième degré, le sentiment de réfection, cette euphorie, — car c'est le mot qui convient, bien qu'il ne faille pas lui attacher ici la sensation de béatitude qu'il comporte avec la morphine, — expliquent l'usage de l'alcool, puis peu à peu l'élévation des doses pour continuer à obtenir ce même résultat, et enfin l'abus; et j'aurai à vous répéter exactement les mêmes choses à propos de la morphine.

Un fait bien intéressant, dû encore aux observations de Lauder- Brunton, est celui-ci : les diverses parties du cerveau sont paralysées dans un ordre précisément inverse de celui de leur développement. C'est d'abord la puissance de se contraindre et de se dominer, qui est la première atteinte ; et c'est également la dernière faculté qui apparaisse chez l'enfant. Les facultés psychiques sont d'ailleurs éteintes dans l'ordre successif de leur importance : c'est la prévoyance qui est abolie en premier lieu, l'association des idées disparait ensuite et fait place bientôt â la période des erreurs de jugement, aux illusions, à la privation plus ou moins complète de la conscience et de la mémoire; en un mot, les facultés intellectuelles sont atteintes d'une façon d'autant plus précoce que ce sont des facultés plus nobles. Ces facultés mentales sont déjà fort obscurcies à un moment où l'imagination est encore très animée et les émotions vives.

Quant aux centres moteurs, ils sont, à cette première période, aSectés, tantôt avant, tantôt après les centres perceptifs : c'est là une question de dose, de rapidité d'absorption et d'idiosyncrasie , qui Tarie, nécessairement, dans des proportions extrêmement considérables. L'irritabilité réOexe des centres vaso-moteurs est détruite de très bonne heure, de telle sorte qu'il en résulte, au point de vue médico-légal, une conclusion fort intéressante : c'est que les lésions capables de déterminer une mort subite par inhibition, par schok,

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