‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 12 sur 486 · ART MÉDICAL · texte numérisé non relu

ART MÉDICAL

actuels auront repris l'habitude de formuler comme leurs aînés et d'avoir recours aux prescriptions galéniques. Le pharmacien obligé ainsi de prendre plus de soin de l'exécution des formules qui lui seront plus fréquemment présentées, en reviendra peu à peu à vouloir préparer lui-même le plus grand nombre des médicaments officinaux, et tout le monde ne pourra qu'y gagner.

Mais aussi je ne cesserai de répéter que le médecin doit posséder pour cela sur la composition chimique des drogues, sur leur provenance, leur action médicamenteuse, des connaissances suffisamment étendues pour juger à bon escient des circonstances indiquant leur emploi. C'est ainsi que je comprends l'étude de la matière médicale. C'est la raison pour laquelle cette étude me paraît si importante.

Le médecin ne peut recourir à l'emploi du médicament avec quelque confiance, ne peut en attendre de véritable secours, ^ue s'il a une connaissance parfaite de tout ce que cet agent va susciter dans l'oi^anisme. Il doit non seulement satisfaire à l'indication, mais aussi respecter la contre-indication.

Je vois également, pour pouvoir résoudre le problème qui nou^ intéresse, la nécessité de perfectionner, même de refaire, sur certains points, nos connaissances relatives à la composition immédiate des substances médicamenteuses. Certes, je suis le premier à reconnaître l'avantage indéniable de l'emploi des principes actifs pour l'étude de l'action physiologique qui permet d'interpréter l'action thérapeutique d'une drogue végétale ; mais je crois que l'emploi du principe actif au détriment de la préparation galénique n'est qu'une simplification apparente et qu'il constitue une atteinte portée à l'action médicamenteuse totale. L'emploi du principe actif est excellent pour atteindre rapidement et à coup sûr un but déterminé, mais persuadezvous que vous ne ferez jamais avec la digitaline, par exemple, ce que vous pourrez faire avec la macération de digitale, avec la morphine, ce que vous pourrez accomplir avec l'opium.

L'emploi des préparations galéniques est le côté d'art de la profession médicale, nécessitant l'union du tact médical le plus délicat à la parfaite connaissance de l'activité physiologique de chacun des éléments utiles du médicament, depuis le plus actif jusqu'à celui en apparence le plus inerte.

Quels que puissent être les progrès de la science » il ne faut pas

26 ACTION DES PItEPARATlONS GALBNIQUES

renoncer à ce côté d'art, ni lui diminuer son rôle jusqu'à le réduire

à néaot. Nous sommes encore bien loio d'une pareille possibilité, et

""""*""* longtemps encore on pourra justement parler d'ar( médical.

! même que c'est seulement l'union, la fusion intime de Tart

science qui vous permettra de porter à son summum l'effica-

'interventioD thérapeutique.

uérisons que le médecin tentera dans la pratique de son art ■'autant plus sûres qu'il aura mieux étudié les propriétés des ces médicamenteuses, qu'il connaîtra mieux la portée de leur :e, qu'il aura une idée plus juste, plus parfaite, des cliangeu'elles vont susciter dans les organes et appareils sur lesquels ut capables d'exercer leur action. Une sage administration des

thérapeutiques repose autant sur l'étude approfondie des pathologiques auxquelles on les oppose que sur une connaisrécise de la nature et du pouvoir de leur action sur l'orgaain ou malade.

Ssumé, il y a dans la composition immédiate des drogues

des éléments actifs dont la connaissance nous a échappé lors et dont l'importance est attestée par des faits de jour en is nombreux. Leur séparation plus ou moins parfaite d'avec loïdes, les glucosides ou les autres principes actifs qui sont conférer à la drogue son énergie médicamenteuse, suffit cermt à expliquer les difTérences d'activité, au point de vue de

physiologique, des principes actifs isolés jusqu'à ce jour; Bs effets obtenus avec les préparations galéniques qui repré-

la plante entière sont-ils différents de ceux obtenus avec ses !s actifs préalablement isolés.

variations d'activité auxquelles je fais allusion, et qui sont sment fréquentes, peuvent être rapportées à trois ordres de

L'isomérie, c'est-à-dire l'état allotropique dont je parlais it pour les acides phénylsulfureux, les acides oxybenzoïques, phore. L'homologie : les cocaïnes, les antipyrines, sont les i cette seconde catégorie. Vous savez en effet que les cocaïnes t suivant que le radical alcool ou le radical acide qui entre ir constitution est changé. Tandis que la benzoyl -cocaïne, ou

ordinaire, jouit de propriétés analgésiques, lorsqu'on vient acer le radical benzoyle par certains homologues, on obtient :aïne qui a une action analgésique presque nulle tandis qu'elle

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