‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 126 sur 486 · FORME MANIAQUE · texte numérisé non relu

FORME MANIAQUE

la mort peut survenir dans un espace de temps variant d'une demiheure à quinze ou vingt heures.

A côté de ces trois formes, constituant les trois degrés que Ton peut établir dans l'alcoolisme subaigu, et dans lesquelles les manifestations sont essentiellement subintrantes, c'est-à-dire où Ton passe sans transition bien accentuée du premier au second et même au troisième degré de Tivresse, on a signalé des formes anomales ou pathologiques, qu'il est bon de connaître, parce qu'elles se manifestent avec une symptomatologie assez particulière, et que, je le répète, elles offrent une importance considérable au point de vue médicolégal.

On a signalé d'abord la forme dite maniaque. Cette forme est à

début brusque, en général ; elle succède parfois à l'ingestion d'une petite quantité d'alcool, à la condition que cette ingestion soit réalisée par un individu prédisposé à cette manifestation. Les symptômes que Ton peut alors observer ne ressemblent en aucune façon, comme vous l'allez voir, à ce que je viens de vous décrire en détail. C'est d'abord un état de concentration, d'inquiétude, d'irritabilité; le sujet manifeste un état de malaise général croissant ; en général la face est rouge, vultueuse; le patient se plaint de céphalalgie, de battements dans le cerveau, il est en proie à une anxiété précordiale extrêmement pénible, et sujet à des sensations variées affectant principalement les sens de la vue et de l'ouïe.

Quelquefois même on n'observe pas de prodromes, ou bien les prodromes que je viens de décrire sont extrêmement fugaces; et alors l'explosion de l'attaque est soudaine et toujours terrible : elle consiste en un accès d'agitation maniaque violent, absolument indomptable; il est impossible de venir à bout de ces individus autrement qu'en déployant une force souvent extraordinaire; on est réduit à leur appliquer, ce qui n'est pas toujours commode, la camisole de force.

Ce qui caractérise cet état d'ivresse, c'est une incohérence absolue dans les idées, un état de fureur inconsciente, et souvent des impulsions dont résultent des crimes, comme l'homicide et le suicide. Un auteur qui s'est beaucoup occupé de l'étude des délires, Lentz, a même créé pour caractériser cet état le mot de carnage automatique, peignant ainsi la fureur avec laquelle les individus en proie à ces accès d'ivresse maniaque se livrent à la destruction de tout ce

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