‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 128 sur 486 · INTOXICATION AIGUË · texte numérisé non relu

INTOXICATION AIGUË

rivresse alcoolique s'est produite. Ce sont là, comme vous le voyez sans qu'il soit besoin que j'y insiste davantage, des faits très importants au point de vue des actes délictueux commis par les individus en état d'ivresse.

Enfin, pour terminer cette description des phénomènes de l'intoxication légère par l'alcool, je n'aurai qu'un mot à vous dire, relativement aux phénomènes de l'intoxication alcoolique que l'on peut observer chez les enfants, car malheureusement, avec les progrès que l'alcoolisme a faits dans ces dernières années, on est obligé maintenant d'envisager l'intoxication alcoolique chez les enfants, dans certaines régions tout au moins. La tendance à boire est héréditaire; presque toujours, les enfants qui ont une tendance en quelque sorte impulsive à faire abus des boissons alcooliques sont des fils de dégénérés, alcooliques eux-mêmes; dans tous les cas, on trouve toujours chez ces enfants une tare névropathique plus ou moins accentuée; et, chez eux, la gravité des accidents et l'intensité des phénomènes sont précisément en proportion avec cette tare névropathique et avec ce fait que, comme je l'ai déjà indiqué, les enfants, les individus à système nerveux facilement excitable comme les femmes, résistent beaucoup moins à l'intoxication alcoolique que les individus à système nerveux plus résistant.

Empoisonnement aigu» — Maintenant, Messieurs, que nous avons envisagé l'intoxication alcoolique sous ses formes légères, il nous reste à étudier l'empoisonnement aigu par l'alcool. En effet, l'ivresse profonde, même atteignant le troisième degré que je viens de décrire, est le résultat de libations copieuses plus ou moins répétées; mais il reste à considérer, à côté de cette forme, un véritable empoisonnement aigu, résultant de l'absorption, en une seule fois, d'une dose mortelle : ces considérations, comme vous l'allez voir, sont extrêmement importantes au point de vue médico-légal.

Les débuts de l'empoisonnement sont absolument les mêmes, en ce qui regarde les phénomènes comateux et apoplectiformes que je signalais tout à l'heure. Dans cette forme, on remarque une très courte durée des symptômes d'excitation, et un coma immédiat, avec état de coUapsus qui ne cessera qu'à la mort de l'individu. On observe presque immédiatement des signes d'engouement et d'apoplexie pulmonaires, de méningo-encéphalite ; et nous verrons en effet tout à l'heure que telles sont les lésions que l'on observe le plus fréquemment.

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