‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 14 sur 486 · ACTION DES PRINCIPES ACTIFS · texte numérisé non relu

ACTION DES PRINCIPES ACTIFS

Certainement, l'isolement des principes actifs a permis de faire d'immenses progrès dans l'étude pharmacodynamique des substances médicamenteuses, et s'il était inconnu, il faudrait s'efforcer de le réaliser par tous les moyens possibles; mais une fois que cet isolement a permis d'étudier, de fixer les propriétés physiologiques de la substance active, je crois qu'il reste encore à faire une chose des plus importantes aux points de vue pharmacodynamique et thérapeutique, c'est de voir dans quelle mesure ces propriétés physiologiques de la substance active sont modifiées, diminuées ou exaltées, par la coexistence, la collaboration des autres principes qui se trouvent dans la drogue. C'est à ce point de vue. Messieurs, que je voulais attirer votre attention sur certaines substances; et, plus tard, quand nous allons étudier les alcaloïdes de l'opium et l'opium lui-même, les alcaloïdes du quinquina et le quinquina, vous allez voir assez souvent des applications des idées générales que j'ai essayé de vous présenter aujourd'hui.

Laissez-moi terminer ces considérations par une phrase que j'emprunte à Fonssagrives dont vous m'avez bien' souvent entendu invoquer l'autorité et la largeur de vues. « Les thériaques naturelles, dans lesquelles la nature enveloppe les alcaloïdes, ne méritent pas le dédain que l'on est disposé aujourd'hui à concevoir pour elles ; et, lancés à fond de train à la poursuite de ces quintessences .médicamenteuses , dont je ne nie certainement pas l'importance, pas plus que les avantages d'administration facile, nous oublions trop les substances naturelles d'où la chimie les extrait. Une analyse clinique plus attentive et pénétrant davantage dans les nuances nous révélerait, entre l'action de ces médicaments complexes et les principes qu'on en retire, des différences qu'il n'est pas permis d'abstraire au profit de notre repos. »

(7 novembre 1899).

Il- LEÇON

Es SUR LES HYPNOTIQUES DONT LA STRUC- LËOULAIRE DÉRIVE DE L'ALCOOL OU DU , — SULFONAL ET SES DÉRIVÉS.

>mnfiencer l'étude pharmacologique des quelques subtiques qui nous restent à passer eu revue pour terminer lus avons interrompue l'an dernier, je crois nécessaire )ur quelques moments votre attention sur l'importance [ue joue l'élément Ethyle au point de vue hypnotique et

'nière, en vous parlant des dérivés chlorés du formène j'ai déjà eu l'occasion d'appeler votre attention sur ce us montrer l'importance considérable que la structure e certaines substances org^aniques exerçait sur l'actioD 136 que l'on était en droit d'espérer de ces subtances. Je é que, parmi les radicaux alcooliques, le radical éthyle tssédait, par lui-même, une action hypnotique que nous développer dans toute son activité lorque nous ferons :ool. J'ai appelé votre attention sur ce fait que la comle radical éthyle de certains corps simples ou de certains ïoaés, notamment du chlore, du brome ou du résidu SO*, s composés constituant ce qu'on a appelé les dérivés sulnous intéresser dans l'histoire du sulfonal et des sulforous ai montré que la combinaison de ces éléments avec 'le exaltait dans une très notable mesure ses propriétés lu point de les transformer même dans certains cas, ontre l'étber chlorhydrique, en véritables propriétés

ption, qui date déjà d'un certain nombre d'années, qui a

ALCOOLIDES HYPNOTIQUES

été, je crois, introduite pour la première fois dans la science par les recherches de Schneegans et von Mering, a été attaquée dans ces dernières années; et on a même voulu montrer que cette conception du rôle du radical éthyle était absolument inexacte. Pour ma part, je pense que, si elle n'interprète pas absolument tous les phénomènes que Ton peut observer sous l'influence de ces substances médicamenteuses, cette conception doit cependant être conservée, car le nombre des faits qui viennent à son appui est vraiment très considérable. Hais je crois cependant devoir lui apporter certaine modification. A mon sens, ce qui est important dans le fait de l'action hypnotique — et même hypno-anesthésique lorsqu'elle est poussée à son maximum — jouée par le radical éthyle, résulte surtout de ce que j'appellerai Yinfluence directrice exercée par la structure moléculaire de l'alcool, ou même, en définitive, du méthane. Cette influence directrice, qui me parait devoir jouer un rôle prépondérant, réside dans la situation d'un atome de carbone central ; et c'est précisément pour faire comprendre ce que je viens de vous dire que j'ai fait tracer les figures de constitution que vous voyez reproduites sur ce tableau. Il ne faut pas vous effrayer de ces dessins plus ou moins barbares; ils doivent servir à interpréter un phénomène, absolument comme un schéma ou un graphique doivent servir à fixer dans les idées un fait d'anatomie ou de physiologie.

Tableau des alcoolides h]rpnotiques.

Alcool éthyliqae.

CH3

Acétone.

Aldéhyde.

CH»/^CH3

Triméthyl-carbinol.

Diméthyl-éthyl-carbinol.

(Hydrate d'amylène).

Triéthyl-carbÎDoI.

Diméthylacétal.

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