‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 143 sur 486 · INFLUENCE DES CLIMATS · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES CLIMATS

sèment répandue dans bien des milieux, que Talcool était capable d'augmenter la calorification de Toi^anisme et de permettre de résister aux rigueurs des climats froids. Eh bien, les faits maintenant sont absolument certains, ils sont jugés par un grand nombre d'expériences : il est absolument évident, et cela ressort d'ailleurs des faits que j'ai cités relativement à l'influence de l'alcool sur la nutrition, que l'alcool diminue dans une notable mesure la résistance de l'orçanisme aux rigueurs des climats froids; et toutes les fois que, lors des expéditions dans les régions polaires, par exemple, les individus qui faisaient partie de ces expéditions ont eu le malheur de céder à la tentation de consommer une quantité un peu considérable de liqueurs alcooliques, il s'en est toujours suivi une diminution notable dans la résistance de ces individus, et, très souvent, on les a vu succombera des maladies intercurrentes.

Dans la campagne de Russie de 1812, on avait également noté que les soldats faisant usage de liqueurs alcooliques succombaient aussitôt après dans la neige, en proie à une ivresse comateuse : il faut tenir compte ici de la privation d'aliments qui pouvait, dans une certaine mesure, modifier les phénomènes; mais il est de connaissance courante que les ivrognes exposés brusquement à une température basse succombent fréquemment, et à court délai, à cette même forme comateuse. Les religieux du mont Saint Bernard assurent que l'alcool est la cause la plus fréquente de la mort des voyageurs au milieu des neiges.

Dans les climats chauds, les phénomènes auxquels peut donner lieu l'alcool consistent surtout en troubles gastro-intestinaux, en hépatites et en abcès du foie.

S'il est vrai de dire qu'à très faible dose l'alcool est un excitant des systèmes nerveux et musculaire et peut combattre, dans une certaine mesure, la torpeur et l'engourdissement dus au froid, vous savez avec quelle rapidité les petites quantités d'alcool qui peuvent, au début, amener ces phénomènes utiles perdent cette action, combien vite on est amené fatalement à élever les doses, et, par conséquent, à arriver avec une très grande rapidité à ces doses nuisibles et auxquelles ressortissent les phénomènes d'intoxication chronique sur lesquels je vais avoir à appeler votre attention dans un moment.

Relativement à l'organisme malade, on observe pour la tolérance •de l'alcool des faits extrêmement intéressants. D'abord, on peut

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