LESIONS DE LA RATE ET DU PANCRÉAS
transformer ou d'éliminer à l'état normal, cette dégénérescence graisseuse du foie soit un des premiers phénomènes qui signalent son action. Cependant, c'est surtout chez les vieux buveurs que ron peut voir cette stéatose avec tous ses caractères, évidemment parce que c'est surtout chez les anciens buveurs que l'on a occasion de faire des autopsies. Cette stéatose et l'augmentation du volume du foie au début se traduisent par l'épaississement, qui est remarquable surtout au niveau du bord libre : lorsque la dégénérescence a atteint un degré assez avancé, on peut voir que l'aspect macroscopique du foie est complètement changé et qu'au lieu de présenter une forme aplatie, il tend à ressembler à une masse plus ou moins exactement cubique.
Je vous ai signalé, en parlant de l'alcoolisme aigu, l'ictère que l'on peut voir survenir assez fréquemment; on a signalé également l'ictère dans les cas d'alcoolisme chronique, mais d'une façon beaucoup plus rare. Cependant, il faut sans doute rattacher à cet ictère une coloration terreuse tout à fait particulière du tégument, coloration qui a dû sans doute vous frapper, car tout le monde a vu des alcooliques chroniques : cette coloration du tégument est telle que, bien souvent, tout en ne permettant pas à elle seule de faire le diagnostic, du moins elle met sur la voie et contribue efficacement au diagnostic de l'alcoolisme chronique.
Quant aux autres organes accessoires du tube digestif, ils ne présentent que fort peu de lésions. La rate est hypertrophiée, lorsque le foie est atteint de cirrhose. Quelquefois, au contraire, on la trouve petite, ratatinée et adhérant au diaphragme par des productions néoplasiques insérées sur sa coque qui présente alors l'aspect épaissi et opaque. Quant au pancréas, très fréquemment, il est le siège d'une dégénérescence graisseuse ou d'une atrophie ressemblant à celle du foie cirrhotique.
Voyons maintenant les lésions que l'alcoolisme chronique peut déterminer du côté du rein : ces lésions sont moins fréquentes et moins connues que celles du foie, mais cependant on sait qu'il existe des rapports extrêmement fréquents entre l'alcoolisme et la maladie de Bright; ces rapports ont été mis en évidence surtout par la magistrale étude de Magnus Huss, qui, en 1852, l'un des premiers, sinon même le premier, a fait de l'alcoolisme une description magistrale, qui n'a jamais été dépassée depuis. La dégénérescence granuleuse des