‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 155 sur 486 · MODIFICATIONS SUBIES PAR L APPAREIL RESPIRATOIRE · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS SUBIES PAR L APPAREIL RESPIRATOIRE

Mais c'est principalement la pneumonie qui constitue un des facteurs les plus graves des accidents que peut présenter l'appareil respiratoire : cette pneumonie se distingue par une suppuration très rapide, un état d'agitation intense, du délire^ des phénomènes typhoïdes, ataxiques ou adynamiques, qui lui donnent une tournure tout à fait particulière. Je vous rappelle que cette pneumonie vient très souvent juger l'alcoolisme chronique et terminer la vie du malade. On a remarqué que cette pneumonie siège très fréquemment aux sommets des poumons, et on ly a constatée dans 50 p. 100 des cas.

Enfin, on a signalé également l'induration chronique des poumons et même la tuberculisation granuleuse. Beaucoup plus rarement, on a noté une pleurésie caractérisée par un début insidieux, une marche lente, un épanchement fort peu abondant, mais caractérisée surtout par la présence de membranes de nouvelle formation qui ont permis précisément delà rapprocher, dans une étroite mesure, de la forme de péritonite qui a été observée également chez les alcoolisants chroniques, et qui est caractérisée par l'abondance de ces néo-membranes.

Telles sont, Messieurs, résumées aussi brièvement que j'ai pu le faire, les altérations que Ton observe du côté des systèmes de la vie Clinique; il nous restera, pour terminer cette étude, à voir comment le système nerveux est affecté par l'alcoolisme chronique : c'est là un point des plus importants à tous égards.

XIP LEÇON

ALCOOLISME CHRONIQUE. MODIFICATIONS SUBIES PAR LES FONCTIONS NERVEUSES : ENCÉPHALE, MOELLE, NERFS. TROUBLES DE LA SENSIBILITÉ, DE L'INTELLI- GENCE, DE LA MOTILITÉ. — DELIRIUM TREMENS.

Nous avons examiné les phénomènes déterminés par Talcoolisme chronique sur les fonctions organiques; il nous reste à voir à présent les phénomènes de même genre que l'alcoolisme chronique détermine sur les fonctions nerveuses. C'est, de beaucoup, comme vous Fallez voir, le chapitre le plus intéressant de lalcoolisme chronique; et nous allons retrouver là des lésions ressemblant de très près à celles que j'ai eu à vous signaler, tant à propos du foie principalement que des divers autres appareils.

Tout d'abord, nous aurons à envisager l'action exercée par ralcool sur l'encéphale, sur la moelle et sur les nerfs. Les lésions sont surtout marquées du côté de l'encéphale; elles sont, sinon nulles, du moins extrêmement rares en ce qui regarde la substance médullaire; et quant aux nerfs, nous allons voir que l'on a relevé dififérentes variétés de polynévrites déterminées par l'alcoolisme chronique. Comme conséquences de ces lésions, nous aurons à passer en revue, — très rapidement, car, je le répète, je n'ai pas la prétention de traiter ici la question de l'alcoolisme chronique avec tous les développements qu'elle mériterait, et c'est un simple résumé que je veux en donner, — nous aurons à passer en revue les troubles intellectuels, les troubles de la sensibilité, les troubles du mouvement que ces différentes altérations anatomiques entraînent avec elles, ainsi que les troubles trophiques qui sont également la conséquence de ces lésions.

Enfin, je dirai un mot d'un épisode transitoire de l'alcoolisme

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chronique caractérisé par une poussée, une crise de cette forme d'alcoolisme aigu qui a été désignée sous le nom de delirium tremens ; puis, nous arriverons, par des transitions insensibles, à envisager l'influence des produits qui accompagnent Talcool éthylique, influence qu'il faut prendre en considération surtout lorsqu'il s'agit de certaines boissons qui sont nuisibles non seulement à cause de Talcool qu'elles contiennent, mais, bien plus encore, à cause des essences qui accompagnent cet alcool; je veux parler de Tabsinthe et des difiérents apéritifs.

Voyons d'abord ce qui se passe du côté de Tencéphale sous l'influence de l'alcoolisme chronique. Sous cette influence, nous allons constater un certain nombre de lésions qui peuvent aflecter soit les membranes d'enveloppe de l'encéphale, soit les cellules nerveuses elles-mêmes. Du côté de la dure-mère, d'abord, on peut voir assez fréquemment des productions membraneuses tapissant la partie de la dure-mère qui correspond à la région pariétale du crâne : c'est ce qui a été décrit sous le nom de pachyméningile hémon^hagique par Christian, de Strasbourg, en 1864, dans sa thèse inaugurale. Les fausses membranes que l'on trouve sur la face interne de la duremère, dans ces circonstances, ont en effet pour caractéristique une très grande vascularité et une remarquable tendance aux hémorrhagies : il est bien entendu que l'alcoolisme, n'est pas la seule affection capable de déterminer la production de fausses membranes de ce genre sur la dure-mère, mais ce qui caractérise plus particulièrement ces fausses membranes dans l'alcoolisme, c'est cette tendance à l'hémorrhagie, qui explique pourquoi elles sont très souvent parsemées d'un piqueté hémorrhagique et offrent même assez fréquemment des cristallisations d'hématoïdine, produit de transformation de la matière colorante du sang épanché. Il est inutile de faire ressortir les phénomènes de compression de la masse encéphalique qui sont la conséquence de ces productions.

Du côté de l'arachnoïde et de la pie-mère, on observe également one inflammation adhésive plus ou moins intense, qui a pour siège de prédilection la face supérieure des hémisphères cérébraux et la portion circonscrivant la grande circonférence du cervelet ; c'est surtout au voisinage du sinus longitudinal supérieur que l'on peut voir ces productions sous formes de petites plaques d'un blanc laiteux, semées de taches brunâtres ou rouges, qui sont le résultat d'extravasations san-

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guines. Oa observe, en même temps, une augmentation assez considérable de la masse du liquide céphalo-racbidien.

Pour le cerveau et le cervelet, la fréquence des altérations que l'on observer est en rapport avec la richesse vasculaire de la subce nerveuse : c'est ainsi que ces altérations frappent de préférence jbstance grise, les couches optiques, les corps striés. Au débul, i qu'on peut l'observer à la suite de la mort déterminée accideniment par une attaque de delirium tremens, à celte première >e, on aperçoit les capillaires dilatés, ayant une apparence euse; la matière colorante est fréquemment extravasée, et l'on çoit, à l'extérieur où à l'intérieur des tuniques vasculaires, des lulations graisseuses réfringentes en nombre assez considérable, ne période plus avancée, ce sontplutdt des phénomènes d'atrophie m obser^'C : la lésion la plus fréquente consiste alors dans le tinemenl, avec une sorte d'induration et d'atrophie, de la masse ;phalique ; c'est ce qui a été désigné sous le nom de péri-encéphadiffuse atrophique. Les circonvolutions cérébrales se préseolent, i ce cas, sous forme de masses plus fermes que l'habitude, me on l'observe sur le cerveau qui commence à macérer dans ool; elles sont pâles, grisâtres, en quelque sorte lavées par le idc céphalo-rachidien qui vient combler les vides se formant par e du retrait des masses hémisphériques. Les ventricules sont tés, pleins d'un liquide séreux, transparent, leurs membranes sont ssies et recouvertes d'assez nombreux corpuscules amyloïdes. n a même signalé, à cette période, l'existence de petits kystes reniant de la cholestérine; et c'est là un fait à rapprocher de ceux j'ai signalés à propos des amas de cholestérine que l'on peut ver dans le foie et dans la vésicule biliaire. Le liquide céphalolidien est lui-même quelquefois envahi par un certain nombre de mtations amyloïdes qui restent en suspension dans ce liquide. s tous les cas, qu'il s'agisse d'induration, de ramollissement ou parence cicatricielle, que peuvent présenter en tout ou en partie liémisphères cérébraux, c'est toujours le môme processus roor- ; et vous voyez que ce sont des inflammations adhésîves diffuses circonscrites et des dégénérescences graisseuses qui ressemblent, i une très étroite mesure, aux lésions de même genre que j'ai eues ^naler à propos du foie, h bien, les manifestations qui sont les conséquences de ce^

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