TROUBLES DE LA MOTILITB
sive, c'est même plutôt de la dysmnésie au début; elle peut devenir complète et même rétrograde. Elle procède quelquefois par des crises; quelquefois, au contraire, elle éclate subitement. On peut, à Taide de ces amnésies, diagnostiquer un alcoolisme latent chez un individu qui commence à se livrer aux boissons alcooliques, ou chez lequel la diminution de résistance de l'organisme permet de réaliser un début insidieux: on le reconnaît à une dysmnésie plus ou moins accentuée et à une sensible dépression intellectuelle suivant une marche très lentement progressive ; et la preuve que c'est bien au début de l'intoxication alcoolique qu'il faut rattacher ces phénomènes, c'est que ces afiections suivent une marche régressive, et constamment, régulièrement régressive, par le fait seul de la suppression des boissons alcooliques.
Les troubles de la motilité pouvant résulter des différentes lésions que je viens de citer sont presque aussi accentués et fréquents que les troubles intellectuels et sensoriels sur lesquels je viens d'appeler l'attention. Ils consistent, principalement, en tremblements, soubresauts des tendons, crampes, contractures, convulsions, enfin des paralysies qui sont, de beaucoup, les phénomènes les plus importants à considérer.
Le tremblement affecte surtout les membres et se montre, de préférence, le matin au lever, ou bien après l'usage de toutes les boissons stimulantes, même de celles ne contenant pas d'alcool et renfermant, par exemple, de la caféine. Ce tremblement présente des caractères particuliers sur lesquels je n'ai pas à insister ici; il est d'autant plus marqué que l'individu qui y est sujet fait des efforts plus considérables pour le masquer. Il commence, en général, par les mains, puis s'étend aux bras; il affecte également les pieds et les jambes; puis, à une époque suffisamment avancée de l'alcoolisme chronique, il affecte même la langue et les lèvres. C'est un tremblement continu, ou, plus rarement, constitué par des secousses convulsives; il est accompagné d'incoordination motrice, de la perte des forces et même de la disparition du sens musculaire.
Ce tremblement a une extrêmement grande analogie, je pourrais presque dire une identité, avec le tremblement déterminé par la nicotine et au sujet duquel Vulpian a fait des expériences si intéressantes en montrant l'influence de cette portion de l'axe cérébrospinal qui est désignée sous le nom de protubérance annulaire, pont