PARALYSIES ALCOOLIQUES
s'accompagnent toujours, plus ou moins, d'incoordination motrice.
Dans la grande majorité des cas, ces paralysies s^accompagnent d atrophie musculaire, de troubles trophiques et vaso-moteurs caractérisés par des altérations de la peau, des ongles principalement, des eschares et surtout des œdèmes. On observe en même temps des troubles de la sensibilité plus ou moins accentués, plus ou moins intenses, consistant en douleurs très vives, en fourmillements, en hyperesthésie du tégument; il y a une diminution de la sensibilité au tact, du retard dans la perception des sensations, enfin de Tanesthésie accompagnant une hyperalgésie et succédant à Thyperesthésie.
Les lésions qu'on peut observer dans ce cas sur les nerfs sont celles de la névrite parenchymateuse, c'est-à-dire des lésions dégénératives des nerfs périphériques respectant la moelle et les racines médullaires. Ces névrites sont plus ou moins généralisées, suivant les formes cliniques revêtues par l'affection ; elles peuvent présenter, d ailleurs, toutes les variétés des névrites multiples dont je vais avoir à parler.
Le plus généralement, cette paralysie a une forme atrophique, c'est-à-dire qu'elle se termine par atrophie plus ou moins marquée des muscles qui ont été d'abord soumis à la paralysie.
Ce sont les travaux de Magnus Huss, publiés en 1852, et sa magistrale description de l'alcoolisme, qui ont attiré pour la première fois l'attention sur ces phénomènes. Cependant, dans cinq cas rapportés par Magnus Huss dans le travail dont je parle, il n'a pas pu observer de lésions macroscopiques des nerfs. Leudet, quelques années plus lard, fut plus heureux et décrivit, le premier, chez les alcooliques, une hypertrophie du névrilemme qu'il put constater à la suite d'une paralysie du nerf cubital. Mais c'est surtout aux travaux de Lancereaux, à ceux de Charcot et Déjerine sur le pseudo-tabes alcoolique que l'on doit la connaissance très nette de ces paralysies.
Leur symptomatologie est extrêmement polymorphe et les modalités cliniques en sont extrêmement variées. On peut voir, en effet, toutes les manifestations des polynévrites en général. Cependant, les désordres de la mémoire et de l'intelligence sont aussi fréquents dans Talcoolisme qu'ils sont rares au cours des polynévrites ayant une autre origine.
Ces désordres consistent principalement, comme nous venons de le voir, en amnésie, mais surtout en un certain état que j'appellerai