‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 169 sur 486 · CONSOMMATION DE L'ALCOOL EN FRANCE · texte numérisé non relu

CONSOMMATION DE L'ALCOOL EN FRANCE

médicamenteux, réservé, presque exclusivement, pour Tusage thérapeutique; et il faut arriver jusqu'en 1514, au moment de TÉdit de Louis XII accordant aux vinaigriers la permission de distiller les marcs ou lies, pour voir entrer dans la consommation courante une quantité appréciable d'alcool, sous forme suffisamment concentrée. A partir du xvni* siècle, la consommation devient réellement énorme, surtout dans les régions du nord de l'Europe; et c'est ainsi qu'en 1764, on relevait, dans la ville de Saint-Pétersbourg seulement, 635 morts par l'alcool employé à l'état d'eau-de-vie à un degré de concentration assez considérable.

Vers 1848, la Suède, en raison du privilège en vertu duquel la vente des liqueurs alcooliques était réservée au Gouvernement, était arrivée à occuper le premier rang de toutes les nations européennes au point de vue de l'alcoolisme; c'est à cette époque que Magnus Huss, des travaux duquel je vous ai déjà entretenu, commença une véritable croisade contre l'alcoolisme. Il fît, au sujet de l'alcoolisme, la magistrale étude qui servira toujours de modèle quand on voudra s'occuper de cette question; et c'est véritablement à la persévérance de cet homme de bien, — c'est le cas de le dire, — que l'on arriva à réduire l'alcoolisme en Suède dans une proportion telle que cette nation qui, en 1849, avait une consommation représentant 23 litres d'alcool à 50 p. 100 par tête d'habitant, en comprenant les femmes et les enfants, est tombée, en 1895, à 6 litres : elle occupe actuellement le dixième rang.

Notre pays, malheureusement, ne suivit pas précisément le même exemple : en France, en 1850, au moment où l'on commençait à s'occuper du travail de Magnus Huss, la consommation par tête, y compris les femmes et les enfants, représentait 3 litres 500, en alcool à 50 p. 100, tandis qu'en cette même année 1895 la consommation s'est élevée à 9 litres 500 : je ne parle que de l'alcool ; je ne parle ni de vin, de bière, de cidre, d'autre boisson de ce genre.

J'emprunte au Bulletin de Statistique et de Législation comparée les éléments des deux tableaux suivants qui permettent de suivre la consommation de l'alcool et de quelques boissons alcooliques dans un certain nombre de villes et de départements. Cette statistique est relative à l'année 1898 et basée sur les chifTres du dénombrement efîeclué en 1896. Elle donne, en litres, la consommation annuelle par tête d'habitant. Il convient de faire observer à ce sujet que celte

CONSOMMATION Ôe L'ALCOOL EN FRANGE

répartition, s'appliquant à la totalité de la population, hommes, femmes et enfants, se trouve, par cela même, entachée d'inexactitude relative. Cela explique précisément la faiblesse du chiffre de la consommation de Falcool dans une ville comme Paris ; ville dans laquelle on peut estimer que le nombre des individus, femmes et enfants surtout, ne consommant pas, ou consommant fort peu d'alcool atteint son maximum. Néanmoins, on peut admettre que cette inexactitude frappant à peu près dans le même sens tous les autres éléments de la statistique, cette statistique devient très sensiblement comparable. J'attirerai encore votre attention sur un fait, que je vous rappellerai, à propos de la consommation des cidres et des bières, à savoir que ces boissons étant des boissons froides, la consommation d'alcools en nature devient plus considérable dans les régions où ces boissons remplacent le vin pour la majeure partie.

Afin de ne pas inutilement surcharger les tableaux de chiffres, je n'ai fait figurer ici que les villes ou départements dans lesquels la consommation des alcools dépasse dix litres par tête, à l'exception de Paris qui figure à titre de comparaison.

Je donnerai seulement, pour fixer les idées, les chiffres afférents à la consommation la plus faible qui concernent les départements et villes ci-après : ^

Gers . .

Landes .

Beziers .

Roanae.

0'»'-93 d*alcools et 146 litres de vin : 250 472 hab.

0 93 — et 101 — 292 884 —

2 29 — et 186 — 41 706 —

3 99 — et 221 — 32 321 —

Consommation de quelques boissons alcooliques

en France

en 1898.

FOPCLATION

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