BOUQUETS ARTIFICIELS
quels artificiels pour faire, avec Talcool plus ou moins pur, des substances douées de la saveur et de Todeur des alcools bon goût, en un mot pour faire de toutes pièces des cognacs, des rhums, des . eaux-de-vie artificiels : je vais y revenir dans un moment. Je vous signalerai, parmi ces mélanges, certaines substances qui sont toxiques et d'autres qui ne le sont pas. Au début de la fabrication industrielle de ces bouquets artificiels, on employait des substances qui étaient les unes extrêmement toxiques, les autres d'une toxicité moindre.
C'est ainsi qu'en 1884 MM. Magnan et Laborde, dans une étude ti'ès consciencieuse des différents bouquets artificiels qui étaient répandus dans l'industrie des alcools à ce moment, ont pu classer en trois catégories différentes les substances utilisées pour faire ces bouquets artificiels. La première comprenait les produits épilepUsanls et tétanisants, produits se rapprochant, dans une certaine mesure, de ceux que nous allons voir tout à l'heure exister dans les liqueurs à essences, et notamment dans l'absinthe : c'étaient ces produits connus sous le nom d'huiles de vin, d'une composition plus ou moins rapprochée de celle que je vous indiquais tout à l'heure, et qui contiennent du furfurol, de l'aldéhyde salicylique, du salicylate de méthyle, comme on en rencontrait, par exemple, dans les produits destinés à aromatiser le vermouth et le bitter, ou des substances telles que l'aldéhyde benzoïque et le benzonitrile, qui servaient, plus spécialement, à aromatiser cette liqueur connue sous le nom de noyau.
La seconde catégorie renfermait les substances possédant des propriétés narcotisantes et capables de déterminer des troubles fonctionnels graves à dose moyenne; c'étaient l'aldéhyde cinnamique, le cinnamate d'éthyle, les bouquets connus sous les noms de bouquets de whisky, de gin, de sherry-brandy, de genièvre, de duchbitter, de kirsch.
Enfin, le troisième groupe était constitué par des substances relativement inoffensives, c'est-à-dire ne déterminant de troubles fonctionnels qu'à dose suffisamment élevée : c'étaient presque toutes des éthers plus ou moins odorants, tels que ceux constituant les essences de poires, de pommes, d'ananas, etc. J'ai eu l'occasion Tannée dernière, en parlant des hypnotiques, et notamment de l'éther, de vous dire quelques mots des formiates, des acétates, des valérianates de