‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 176 sur 486 · EXPERIENCES DE POUCHET · texte numérisé non relu

EXPERIENCES DE POUCHET

Dujardin-Beaumetz et Audigé, car on a montré depuis que cette partie qui porte le nom d'huile lourde de vin et que vous voyez figurer dans ce tableau sous la dénomination d'huiles essentielles, cette partie comprend non seulement des alcools homologues supérieurs de Falcool éthylique, mais encore des aldéhydes, des acétones, des éthers, des ammoniaques composées, des alcaloïdes tels que les bases pyridiques, qui ont été découverts au cours de ces dernières années dans les alcools de mauvaise qualité. Ces alcools sont d'autant plus toxiques, qu'ils renferment en proportion plus considérable soit des alcools homologues supérieurs, soit, surtout, ce mélange qui est groupé ici sous l'appellation d'huiles essentielles.

Des expériences que j'ai faites il y a déjà quatorze ans, en 1885, à propos d'un rapport médico-légal dont je vous citerai quelques conclusions, parce qu'elles me paraissent plus que jamais répondre à la vérité, ont montré le bien fondé des interprétations de M. Daremberg et de MM. Magnan et Laborde. Voici leurs résultats. Des cognacs et eaux-de-vie vieilles de bonne qualité se montraient, chez les animaux, plus toxiques immédiatement et par ingestion massive; si, au contraire, on les donnait à des animaux de même espèce par petites quantités, d'une façon continue, ces cognacs et ces eauxde-vie de bonne qualité se montraient beaucoup moins toxiques que l'eau-de-vie de qualité inférieure, cette affreuse eau-de-vie d'assommoir, cette goutte à deux sous que l'on peut trouver chez les marchands de vins du plus bas étage. En effet, l'alcool à 38 p. 100 qui m'avait servi à faire ces expériences provenait d'un débit voisin de l'hôpital Saint-Louis ; il était très remarquable au point de vue de l'infériorité de ses qualités, et il déterminait chez les animaux un amaigrissement rapide, de l'albuminurie, de la congestion du foie, et une apparence de cirrhose, ou tout au moins de dégénérescence graisseuse, que l'on ne rencontrait pas chez les animaux auquels on faisait ingérer comparativement les eaux-de-vie vieilles, armagnacs et cognacs.

Il en est résulté, pour certains observateurs, qu'il fallait dire qu'une même quantité d'alcool est d'autant plus toxique qu'elle est plus concentrée : ce fait est indéniable, mais ne préjuge absolument rien en ce qui regarde, à côté de l'alcool, ces produits dont je veux montrer la toxicité. Il est certain que dans une boisson alcoolique forte, absinthe, bitter, par exemple, la proportion d'alcool éthylique est tel-

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