XIV^ LEÇON
INFLUENCE DES SUBSTANCES AUTRES QUE L'ALCOOL ÉTHYLiaUE. — DIFFÉRENCES ENTRE L'INTOXICATION AIGUË ET L'INTOXICATION CHRON IQUE. — LIQUEURS A ESSENCES. — SYMPTOMATOLOGIE DE L'INTOXICATION PAR LES ESSENCES. — ABSINTHISME.
Je me suis efforcé, dans notre dernière réunion, de faire ressortir les inconvénients afférents aux alcools dits supérieurs, les homologues de Talcool éthylique, et aux autres substances, aldéhydes, acétones, ammoniaques composées, etc., accompagnant généralement les alcools de mauvaise qualité. Il me reste encore à vous fournir à ce sujet quelques documents expérimentaux qui, comme vous allez le voir, ne manquent pas d'intérêt; et nous nous occuperons ensuite d'agents infiniment plus nuisibles, des essences, c'est-à-dire de ces substances constituées par un mélange de terpènes et de camphènes, que Ton a trouvées dans un certain nombre de boissons et qui constituent, bien certainement, les causes de certains accidents particuliers que Ton a dû réunir, au point de vue de leur symptomatologie clinique, sous la dénomination d'absinthisme.
Vous avez pu voir, d'après ce que je vous ai dit, que les expériences faites jusqu'alors, relativement aux produits accompagnant l'alcool éthylique, concernaient surtout l'action toxique aiguë de ces substances; il a cependant été fait des tentatives d'intoxication chronique avec les alcools de mauvaise qualité. Ces expériences sont dues à Dujardin-Beaumetz et Audigé, qui ont opéré sur le porc. La raison du choix de cet animal réside en ce que c'est à peu pijès le seul qui se prête à une expérimentation de ce genre : c'est, d^ tous les animaux sur lesquels on peut expérimenter, le seul qui consente à absorber, je ne dirai pas volontiers, mais dans une mesure facilitant