‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 183 sur 486 · ESSAIS D^INTOXICATION CHRONIQUE · texte numérisé non relu

ESSAIS D^INTOXICATION CHRONIQUE

rexpérimentation, des alcools mauvais goût pendant une durée suffisamment longue pour permettre d*étudier les résultats de cette expérience.

Dujardin-Beaumetz et Audigé ont vu que les alcools de mauvaise qualité — de grains, de mélasses, de sorgho, de topinambour, etc., — administrés d'une façon lente et continue à ces animaux, déterminaient, après un certain temps, de la congestion et de rinflammation du tube digestif et du foie, sans que, cependant, l'on puisse arriver sur le porc à ce degré d'hépatite interstitielle que l'on peut constater chez l'homme; ils observèrent également une congestion du parenchyme pulmonaire pouvant aller jusqu'à l'apoplexie; des dégénérescences athéromateuses, des sufTusions sanguines dans les muscles et le tissu cellulaire.

Comparativement, des expériences de même ordre ont été faites sur d'autres animaux de même espèce avec l'alcool éthylique parfaitement pur, et au bout de trente mois — vous voyez qu'il s'agit là d'une expérience de longue haleine — , les lésions dont je viens de parler tout à l'heure étaient absolument inappréciables chez les animaux que l'on avait soumis à l'usage de l'alcool éthylique parfaitement pur; elles étaient au contraire très accusées soit avec les alcools bruts dont je viens de faire Ténumération, soit avec les alcools mal rectifiés provenant de la distillation du suc de betteraves, des grains, des pommes de terre, ou bien des matières amylacées préalablement soumises à la fermentation.

Dans le même ordre d'idées, des expériences comparatives ont encore été faites, également par Dujardin-Beaumetz et Audigé, en employant, cette fois, des absinthes de différentes provenances et des liqueurs à essences; ils ont pu constater dans cette nouvelle série d'expériences une excitation plus ou moins violente ; parfois même, la production de phénomènes convulsifs tout à fait analogues à ceux qui signalent l'absinthisme chez l'homme.

MM. Mairet et Combemale avaient également fait des expériences qui sont loin d'avoir la même valeur et la même durée que celles que je viens de citer : ces expériences avaient été pratiquées sur le chien, et ils avaient pu constater que les injections répétées de petites doses d'alcools de différentes provenances avaient déterminé chez eux de l'affaiblissement intellectuel, une sorte d'impression de peur accompagnée d'hallucinations terrifiantes, des troubles muscu-

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