EXPÉRIENCES DE CADÉAC ET MEUNIER
laires d'ordre ataxique et paralytique, débutant par Farrière-train, et qui se généralisaient rapidement à tout le système quand Texpérience continuait pendant un temps suffisant : c'est comme vous le voyez, dans une certaine mesure, une confirmation des expériences de Dujardin-Beaumetz et Audigé sur le porc. Leurs résultats les plus remarquables sont relatifs à Tinfluence dégénérative sur la descendance. Pendant plusieurs mois, ils intoxiquent une chienne à Taide de la liqueur d'absinthe du commerce, puis ils provoquent un accouplement avec un chien sain. La chienne mit bas trois petits présentant des malformations diverses : pied-bot, atrophie des orteils, gueule de loup, persistance du trou de Botal, atrophie du train postérieur. Ces expériences sont à rapprocher de celles de Féré.
Des expériences de même genre, exécutées par Strassmann à l'aide d'alcools impurs qu'il injectait à des chiens aux doses progressives de 10 à 22 centimètres cubes par kilo, montrèrent des convulsions, des paralysies du train postérieur, du tremblement, de l'alTaiblissement de l'intelligence. Sur les animaux qui succombèrent, on put. constater du catarrhe chronique de l'estomac et la dégénérescence graisseuse de la cellule hépatique.
Mais les recherches, de beaucoup les plus importantes, relativement aux essences qui peuvent accompagner les différents alcools, sont les recherches de MM. Cadéac et Albin Meunier. Ces recherches remontent à une dizaine d'années, et ont été faites systématiquement avec un grand nombre d'essences provenant soit de plantes de la famille des composées, l'absinthe, les différentes armoises, par exemple, soit de plantes de la famille des labiées ou des ombellifères, plantes qui sont, en plus ou moins grande quantité, mélangées soit à la liqueur d'absinthe, soit aux liqueurs d'origines diverses, de dénominations diverses, telles que l'anisette, le vulnéraire, le vespétro, le curaçao, le bitter, etc. Au début, les observations fournies par ces expérimentateurs furent l'objet d'une discussion fort intéressante à la Société de Biologie , discussion à laquelle prit part M. Laborde, qui, avec sa grande expérience des phénomènes expérimentaux de l'alcoolisme, rectifia quelques-unes des conclusions, certainement prématurées, auxquelles MM. Cadéac et Meunier avaient abouti; et voici les résultats définitifs des expériences qui ont suivi la discussion.
Les premières expériences de MM. Cadéac et Meunier les avaient