‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 19 sur 486 · EXPÉRIMENTATION PHYSIOLOGIQUE · texte numérisé non relu

EXPÉRIMENTATION PHYSIOLOGIQUE

mouvements volontaires, et une diminution très notable de Ténergie cardiaque. Chez les animaux à sang froid comme chez les animaux à sang chaud, la mort est due surtout à la paralysie du cœur.

Chez les animaux à sang chaud, les phénomènes sont peut-être encore plus nets, en ce qui regarde Texpérimentation. Sous Tinfluence d'une dose de 20 à 50 centigrammes par kilo d'animal, lorsque la substance est administrée par la voie buccale, on observe sur les centres nerveux une action dépressive, qui se traduit surtout par de Tincoordination motrice. A des doses plus élevées, 60 à 80 centigrammes par kilo, on voit survenir un sommeil profond, un état de prostration complet. Enfin, à 90 centigrammes par kilo, la mort arrive inévitablement.

Comme vous le voyez, il y a, en somme, un assez faible écart entre les doses capables d'amener un sommeil très profond et la dose qui entraine presque fatalement la mort, quand on expérimente sur un animal. Lorsque les animaux ont ainsi succombé à laction toxique du sulfonal, on observe que le sang veineux est rutilant, d'une coloration rappelant celle qu'on observe sur le sang des animaux ayant succombé a l'intoxication oxycarbonée. On a fait intervenir les mêmes explications physiologiques : il y aurait arrêt des échanges, en vertu duquel les hématies se trouvent tout d'un coup inhibées, privées du pouvoir de rendre actif l'oxygène dont elles sont chargées et de continuer à présider à la respiration des tissus.

Les résultats qu'on obtient présentent quelques différences suivant lanature des animaux. Chez le lapin, par exemple, une dose de 25 centigrammes suffit pour déterminer des troubles de la motilité, tant dans les membres antérieurs que dans les membres postérieurs, du myosis, de l'abattement et de l'engourdissement. Chez le cobaye, une dose de 50 à 60 centigrammes détermine de l'impotence fonctionnelle, un état d'immobilité et de résolution musculaire complète. Vous pouvez voir l'animal chez qui on vient de faire tout à l'heure une injection de sulfonal, qui présente l'état que je décris : un état de torpeur profonde ; il est affecté de trépidation musculaire très sensible et présente un état d'hyperesthésie que nous avons vu se produire avec un certain nombre d'hypnotiques, mais qui se manifeste au maximum chez ces animaux sous l'influence du chloralose. Ce cobaye a des mouvements de trépidation par moments, il est probable que

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