ALCOOLISME ET MALADIES
troubles des fonctions nerveuses : ces tares peuvent s'otserver ou dans Tenfance ou à Tage adulte. Dans Tenfance, ce sont des convulsions, ridiotisme, Timbécillité. A Tâge adulte, c'est là microcéphalie, le retard dans le développement, la stupidité, la susceptibilité neryeuse; un état de mobilité plus ou moins accentué, qui, malheureusement, semble envahir de plus en plus notre race; un état névropathique voisin de Thystérie, des convulsions épileptiformes, ou, le moins qui puisse arriver, un état de sub-lypémanie, si vous voulez me permettre cette expression, caractérisé par des idées tristes, la mélancolie, Thypochondrie.
Chez certains descendants d*alcooliques, arrivant à échapper aux conséquences graves de Tintoxication, l'hérédité se traduit par la passion de Talcool, qui est enseignée en quelque sorte et infusée par voie d'hérédité aux enfants, et leur donne, pour le moins, une tendance à rimmoralité, à la dépravation et au cynisme, sur laquelle on a insisté beaucoup et sur laquelle on ne saurait trop insister.
Si vous remarquez, Messieurs, que le maximum d'alcoolisation se présente dans la période de la vie allant de vingt à quarante ans, c'eslà-dire pendant l'époque où l'individu peut être essentiellement nuisible ou utile à la société dont il fait partie, vous voyez quelle importance sociale énorme revêt cette question de l'alcoolisme, qui, ainsi qu'on Ta dit maintes fois, est un véritable péril social.
Ainsi, dans un document récent, M. Jacquet arrive à cette conclusion; en d'autres termes, les chiffres qu'il a pu relever l'amènent à ceci : sur 100 individus il en a trouvé 15 affectés d'alcoolisme qu'il 4it fort^ c'est-à-dire d'accidents tellement graves, tellement sérieux, que c'est là un véritable déchet absolu, au point de vue de la production sociale. Mais il y a mieux : sur 100 intoxiqués, d'après les statistiques de Jacquet, statistiques toutes récentes, établies avec un soin tout particulier et empruntées à plusieurs de ses collègues des hôpitaux, on trouve 4,57, c'est-à-dire tout près de 5 p. 100 d'intoxiqués ayant, exclusivement, des maladies spéciales à l'alcool. Pour les tuberculeux, la statistique de Jacquet révèle ceci : sur 100 individus tuberculeux, il y en a 71,42 p. 100, c'est-à-dire plus des deux tiers, alcoolisés avant l'éclosion des accidents tuberculeux.
Si l'on consulte d'autres statistiques, on voit donner les chiffres de 88 à 92 p. 100 de tuberculeux alcooliques : à mon avis, ce chiffre plus fort de la seconde statistique peut très bien s'expliquer par ce