‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 202 sur 486 · MOBILE DE L'ACTE · texte numérisé non relu

MOBILE DE L'ACTE

ment en quelques mots. Ce mobile de Tacte, je vous en ai déjà dit quelques mots, notamment quand nous avons parlé de TintoxicatioU par les boissons à essences. Il résulte souvent des hallucinatioBs dont sont obsédés les malheureux alcoolisants chroniques, hallucinations leur faisant croire qu'ils sont Tobjet de persécutions plus ou moins suivies, des actes délictueux ou criminels : on voit ces sajets se jeter tout d'un coup sur un individu qu'ils n'ont jamais vu ni connu, croyant que c'est cet individu qui est la cause de leur peine et de leur tourment continuel.

D'autre part, on peut encore, dans quelques autres circonstances, arriver à démontrer avec le plus entière certitude qu'il est impossible de retrouver aucun mobile utile à l'acte commis, ni même aucun mobile expliquant cet acte et démontrant pour celui qui l'a commis la possibilité d'en utiliser les conséquences. Le but dans lequel l'acte a été accompli, but plus ou moins inconnu de celui qui a accompli cet acte, la façon dont il l'a réalisé, le plan suivant lequel il l'a exécuté, l'intention plus ou moins marquée de nuire, le plus ou moins de ruse déployée dans son accomplissement, le souvenir plus ou moins net des actes qui ont précédé et accompagné l'acte délictueux, k conduite de l'individu après l'acte incriminé, tout cela constitue autant d'éléments d'appréciation qui, convenablement rassemblés, vont vous permettre de porter sur le mobile de cet acte un jugement qui pourra, bien souvent, être définitif et faire classer l'individu parmi ceux qu'il faut rendre responsables ou parmi ceux, au contraire, pour lesquels il faut admettre l'excuse de l'irresponsabilité.

Il ne faut pas oublier ici, Messieurs, que l'alcoolisme constitue véritablement une maladie passagère entraînant un changement considérable, souvent même absolu, du caractère moral de l'individu; et que l'on voit, sous l'influence d'une excitation alcoolique un peu intense, les individus montrer des qualités ou des défauts absolument contraires à leurs qualités et à leurs défauts naturels, que l'on peut voir, par exemple, des poltrons devenir audacieux, des gens scrupuleux devenir impudiques, des diplomates devenir indiscrets. Il faut encore tenir compte de ce fait que chez les alcoolisants, surtout chez les alcoolisants chroniques, la volonté est aflaiblie d'une f^çon plus ou moins considérable. Il n'en est pas moins vrai qu'elle est encore libre, dans une mesure plus ou moins accentuée; et, qu'en

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