‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 208 sur 486 · INFLUENCE EXERCÉE SUR LE SYMPATHIQUE ET LA MOELLE · texte numérisé non relu

INFLUENCE EXERCÉE SUR LE SYMPATHIQUE ET LA MOELLE

état d'ivresse profonde. D'autre part> un fait non moins constant dans les observations cliniques, c'est l'abaissement de température, très constant et très net, déterminé par l'alcool dans différentes pyrexies.

Comment donc peut agir l'alcool pour constituer une véritable substance alimentaire? Eh bien, c'est d'abord, ainsi que l'appelait Gubler, une substance dynamophore, c'est-à-dire un stimulant du système nerveux. A ce point de vue, l'alcool ralentit la désassimilation concurremment avec l'abaissement de chaleur de l'organisme qu'il détermine, il retarde la métamorphose des anciens tissus, favorise la formation des tissus nouveaux et limite, comme nous l'avons vu, la destruction des matières grasses. Et en effet, sous Finfluence de doses modérées d'alcool, nous savons que, malgré une diurèse assez accentuée qui n'est autre chose qu'une diurèse aqueuse, on peut observer une diminution de l'urée, de l'acide urique et de la somme des matériaux fixes qui sont éliminés par les urines.

Mais, en même temps, nous savons que, par son action sur le système nerveux, l'alcool détermine la diminution de calibre des artérioles, l'abaissement de la température et l'élimination moindre d'urée, tous phénomènes très étroitement liés; et tout cela se produit exactement comme on peut l'observer après une excitation we du grand sympathique et de la moelle.

Sous l'influence de faibles doses d'alcool, il se produit de la rougeur, de la congestion active par exagération circulatoire dans le réseau vasculaire, l'élévation de la température, la suractivité de la nutrition, et cela par suite de l'excitation rapide et instantanée des filets vaso-moteurs rachidiens qui sont plus facilement impressionnables que les filets sympathiques. Au contraire, sous l'influence de fortes doses ingérées en une seule fois, on voit survenir la constriction vasculaire, l'anémie, le refroidissement, le ralentissement des combustions et des transformations organiques, dus à une excitation plus tardive, mais prépondérante cette fois, des vaso-moteurs sympathiques. Nous savons, en effet, l'histoire d'un grand nombre de substances médicamenteuses ou toxiques est là pour nous le prouver, que les filets vaso-dilatateurs sont surtout cérébro-spinaux, tandis que les filets vaso-constricteurs sont surtout des filets sympathiques : cette interprétation rend donc très nettement compte des deux manifestations, absolument opposées, que des doses différentes d'alcool peuvent produire sur le même organisme.

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