ABAISSEMENT DE L'ACTIVITÉ DES MUTATIONS
Texpérience inverse, pour tâcher précisément d'éliminer les erreurs qui auraient pu être dues au changement de Talimentation, c'est-à-dire que Ton renversa les termes des expériences : pendant les cinq premiers jours on donna le régime de pain et de lait avec addition de cognac, puis pendant les cinq jours suivants on revint au régime de pain et lait sans administration de cognac.
Sous l'influence de ces modifications de régime, voici ce qui a été observé.
Sous l'influence du cognac et pendant une période de cinq jours, voici quels furent les résultats des expériences :
Poids du corps : augmentation de 370 grammes.
Sécrétion de l'urine : diminution de 657 centimètres cubes.
Assimilation de l'azote ; taux abaissé de 0,2 p. 100.
Échanges azotés : taux abaissé de S, 50 p. 100.
Rapport du soufre neutre au soufre acide dans l'urine : diminué de 2,90 p. 100.
Assimilation des graisses : taux augmenté de 1,26 p. 100.
Rapport de l'eau éliminée à l'eau absorbée : augmenté de 4,2 p. 100.
Pertes cutanéo-pulmonaires : augmentées de 1475 grammes.
Cette variation dans les données de l'expérience est plus sensible et plus facile à saisir en mettant ces résultats sous forme de tableau, comme ci-après :
Augmentation. Diminution.
Poids du corps 370 grammes. »
Sécrétion urinaire » 657 cent. c.
Assimilation d'azote » 0,2 p. 100
Échanges azotes » 5,50 p. 100
Rapport du soufre neutre au soufre
acide > 2,90 p. 100
Assimilation des graisses .... 1,26 p. 100 »
Rapport de Teau éliminée à Teau
absorbée ^»2 p. 100 »
Pertes cutanéo-pulmonaires. . . 1 475 grammes »
J'attire particulièrement votre attention sur la diminution du rapport du soufre neutre au soufre acide dans l'urine, rapport qui, comme vous le savez, est extrêmement important à considérer au point de vue des échanges nutritifs. Dans tous les cas, ces phénomènes de variations de chacun des éléments que je viens d'indiquer furent peu durables.
Comme vous pouvez le voir, il y a dans ces expériences une con-
DÉSASSIMILATION AZOTÉE 331
firmation des faits que je vous ai indiqués déjà et qui ressortaient très nettement des expériences que je vous ai citées précédemment et desquelles il résultait qu'à petite dose, à dose modérée, à dose dite physiologique, Tingestion de Talcool économisait les hydrates de carbone et les matières grasses, mais n'économisait pas les matériaux azotés.
Je sais bien qu'il y a peut-être une objection à faire à ces expériences, mais cette objection, si elle est juste, fait ressortir, d'un autre côté, certaines conclusions : l'objection que l'on peut faire est relative à la faiblesse de la ration alimentaire. Cette ration consistant seulement en pain et lait pour des jeunes gens de vingt-deux à nngtMjuatre ans, constitue une ration plutôt insuffisante. Mais cependant, on peut très bien arriver même chez des sujets de ces âges, à réaliser une ration d'entretien en proportionnant le travail à cette ration : c'est précisément ce qui a été fait dans ces expériences. Mais alors l'importance des faits que je vous signalais devient d'autant plus considérable, parce que si la ration est faible, les augmentations n'en ont que plus d'importance. D'autre part, l'activité des échanges nutritifs est démontrée dans ce cas par la valeur des pertes cutanéopulmonaires, pertes qui sont surtout afférentes aux hydrates de carbone.
11 est certain qu'il doit s'agir dans ces expériences de phénomènes peu durables et si, au lieu de maintenir ces expériences pendant cinq jours seulement, on les' eût maintenues pendant un mois, il est fort probable que les résultats obtenus auraient pu changer en tout ou en partie. Mais cela n'influence en rien les premiers phénomènes observés; et il est absolument certain que l'ingestion continue de l'alcool, même à petite dose, — ce qui n'est pas tout à fait le cas ici, car ces 105 centimètres cubes de cognac absorbés d'une façon réguUère constituent certainement une quantité plutôt supérieure à la quantité d'alcool qui peut être ingérée par un adulte sous forme de vin, — l'ingestion continue de l'alcool à petite dose doit certainement amener, à un moment donné, une désassimilation d'azote beaucoup plus accentuée que celle qui a été observée.
A l'état de santé, on fait usage de l'alcool non pas à cause de son importance comme agent nutritif, mais à cause des effets stimulants et agréables qu'il détermine. Il en est tout autrement dans le cas de Toi^anisme malade; l'alcool constitue alors un aliment important