‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 211 sur 486 · ALIMENTATION CHEZ LES MALADES · texte numérisé non relu

ALIMENTATION CHEZ LES MALADES

qui peut être absorbé et assimilé facilement, à la condition d'être très dilué, par l'appareil digestif qui se trouve accideatellemeDl et lentanément incapable d'utiliser ses matériaux habitueb. tion excitante que l'alcool détermine sur le système nerveux el le myocarde est alors elTacée, ou tout au moins subordonnée à sa ur comme substance alimentaire.

: en efTet, chez un individu en état de maladie, l'alimentation à elle cet individu est réduit est parfois absolument insuffisante ' fournir les 2500 à 3000 calories qui sont nécessaires pour etenir l'existence de l'individu pendant vingt-quatre heures. Ce it doit être nécessairement comblé avec des albuminoïdes ou des »ses empruntés aux tissus : le sujet devient ainsi de moins eo is apte à résister à la maladie, puisqu'il vit sur son capital; il ulises réserves, et ces réserves s'alTaiblissent de plus en plus sans 'oir se reconstituer. C'est dans ces cas qu'il est possible d'apprél'importance considérable que la thérapeutique alimentaire peut érir dans les maladies de longue durée.

alcool intervient alors avec une «fficacité vraiment remarquable, la pour plusieurs raisons. D'abord, parce que le manque d'appé- 1 bien la crainte d'une sensation douloureuse, suivie quelquefois ausées et de vomissements, interdit d'une façon plus ou moins lue au malade de s'alimenter avec des aliments ordinaires, le avec du lait : c'est alors que l'aicool acquiert véritablement immum de sa valeur alimentaire. D'autre part, il ne faut pas ier ceci, c'est que I gramme d'alcool peut, lorsqu'il est comdans le sein de l'oi^anisme, donner lieu à un dégagement de ories. Il en résulte ce fait que 100 centimètres cubes d'un bon à 10 p. 100 en moyenne, peuvent fournir 100 calories, sans iter le nombre de calories qui peut être fourni également pw rait, le tannin, les sels organiques : — je ne parle pas des sels !raux au point de vue des calories, mais on pourrait les faire venir au point de vue de la stimulation qu'ils sont capables srcer sur l'organisme, et au point de vue de leur fonction pour ter les phénomènes nutritifs.

imme nous le savons, l'action d'épargne n'est pas exercée sur Ibuminoïdes, mais l'alcool permet de réduire la ration des albupïdes au strict minimum, et, par conséquent, de réduire égale- ; au minimum les pertes de l'économie en matières albunii-

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noîdes; de sorte qu'en réalité od peut dire que, chez les malades, l'alcool est un aliment d'attente et plutôt un préservateur d'une dénutrition trop accentuée, d'une destruction trop profonde des réserves de l'économie.

C'est là véritablement son rôle ; mais il faut absolument bannir du langage médical cette appellation d'AUMENT d'épargne qui, comme vous le voyez, en définitive, ne convient pas plus à l'alcool qu'elle ne convient au café, à la kola, à la coca et à tous les prétendus aliments de même genre.

Je vous signalais tout à l'heure l'action antipyrétique de l'alcool, mais Talcool est antipyrétique à la fois par les modifications qu'il produit dans le système vasculaire et par suite de l'excitation qu'il détermine sur le système nerveux. On peut dire qu'au point de vue de la transmutation des forces, l'excitation imprimée à l'appareil cérébro-spinal et aux fonctions qu'il gouverne doit s'accompagner de dépense de force et, par suite, d'une consommation plus ou moins ^considérable de chaleur. Or, . Toxydation de l'alcool absorbé est d'autant plus rapide et d'autant plus complète qu'elle est favorisée parla température plus élevée de l'organisme malade dans lequel cet alcool est introduit, et aussi par l'activité plus grande des combustions organiques en général : c'est ce qui explique ce fait que, dans certains cas de pyrexies, l'emploi de l'alcool détermine une action antipyrétique si efficace, en même temps qu'une action nutritive si appréciable également.

Voici, par exemple, un fait qui est susceptible de vérification expérimentale très étroite et qui ne manque pas d'intérêt. Chez un individu affecté de pneumonie, on administre 60 grammes d'alcool à 50 p. 100 dans une potion : on constate que les urines sont rares et ne contiennent pas la moindre trace d'alcool; on constate, d'autre part, qu'il est absolument impossible de percevoir la moindre odeur d'alcool ou d'aldéhyde dans les gaz expirés, à condition que l'on ait eu préalablement le soin de faire rincer la bouche du malade après l'absorption de la potion alcoolique et de lui faire boire ensuite un peu de lait pour entraîner l'alcool pouvant rester dans les premières voies. Dans ces conditions, l'alcool est entièrement comburé dans l'oiganisrae et sert, d'une part, de substance alimentaire, d'autre part, de substance antipyrétique 'par le mécanisme que je viens d'indiquer.

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Nous savons, d'ailleurs, que roxydation de l'alcool est retardée ou empêchée plus ou moins efficacement : par la diminution du nombre des mouvements respiratoires, par la stase veineuse et la congestion des oi^anes, par le ralentissement de la circulation, par rabaissement de la température, par l'abolition des mouvements musculaires, par la diminution graduelle de la capacité respiratoire du sang; or, comme nous l'avons vu, .tous ces phénomènes accompagnent le coma de l'ivresse et, par conséquent, aident dans une certaine mesure à la stagnation — je puis employer ce terme — de l'alcool dans l'économie.

Les boissons alcooliques ont été envisagées, et sont envisagées, surtout actuellement, par beaucoup, non seulement comme inutiles pour la vie, mais encore comme des boissons de luxe, voire comme des boissons nuisibles. Eh bien, j'ai assez fait le procès de l'alcool, en ce qu'il y a de mauvais à lui reprocher, pour pouvoir lui rendre justice et dire maintenant ce qu'il y a de bon à attendre de lui. Et en effet, il ne faudrait pas croire, comme cela pourrait vous être venu à l'esprit, après ce que vous m'avez entendu dire sur les méfaits de l'alcool, que je sois un de ces anti-alcooliques farouches qui veulent absolument proscrire l'alcool sous toutes ses formes. Non, pas du tout : je crois que c'est là une très mauvaise façon de diriger le combat contre l'alcoolisme; et, pour ma part, j'ai la conviction que l'on n'arrivera à rien du tout par ce moyen.

Il faut tenir compte, en effet, de ceci : les matières alimentaires pures sont absolument insipides et indigestes ; et, comme le font très bien remarquer Nothnagel et Rossbach , si l'on prenait au mot ces fervents anti-alcooliques, il faudrait se condamner à l'inanition. Car ce ne serait pas seulement l'alcool, mais encore le café, le thé et tous les autres stimulants qu'il faudrait proscrire. Eh bien, on va réduire votre alimentation au strict nécessaire théorique : on va vous donner de l'albumine bien pure, un peu de sel — parce que c'est absolument nécessaire, — de l'eau distillée, quelques hydrates de carbone, un peu de graisse, et vous allez voir quelle exquise et inutilisable ration alimentaire on va vous constituer avec cela! Je n'hésite pas à croire que je refuserais une alimentation de ce genre et je pense que vous partagez mon opinion relativement aux prétentions de ces antialcooliques.

Les aliments ne sont, en effet, véritablement et effectivement nutri-

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tifs que par la présence des condiments et des épices : c'est là quelque chose d'absolument nécessaire, surtout à des organes digestifs fatigués. Mais les condiments et les épices n'agissent pas seulement d'une manière agréable sur les sens du goût et de l'odorat, ils aident directement à la digestion et à la nutrition en augmentant les sécrétions digestives, en excitant les mouvements de l'estomac et de l'intestin, CD déterminant une stimulation du système nerveux et une sensation de bien-être général qu'il ne faut pas perdre de vue et à laquelle, dans un article que j'ai écrit il y a déjà douze ans, dans V Encyclopédie thygiène et de médecine publique y j'attribuais une très grande part dans les résultats que l'on pouvait obtenir par une alimentation bien conduite et bien choisie. Je disais même, en un certain passage dans lequel j'étudiais les condiments et comparais les condiments à l'alcool précisément, je disais : « Dans les pays chauds, pour l'usage des condiments, comme pour celui des boissons alcooliques, il est d'autant plus difficile de ne pas arriver à l'abus, que leur emploi modéré est d'une incontestable utilité ». Si j'avais à écrire cela maintenant, je supprimerais tout simplement dans les pays cJiauds;je dirais : Partout.

Les condiments sont, en effet, des dynamophores, en ce sens que les impulsions que ces substances déterminent au point de vue de la suractivité des phénomènes nutritifs se font sans déperdition de la provision des forces existantes, mais tout simplement en en facilitant l'emploi : ils donnent, en d'autres termes, le moyen d'obtenir le maximum de rendement. On a dit, et la comparaison n'est pas absolument juste, que cela donnait un coup de fouet à l'organisme : c'est vrai, mais il faut faire cette restriction que l'augmentation de travail à la suite du coup de fouet est fournie après une excitation douloureuse, tandis qu'ici elle est fournie après une sensation agréable.

C'est là précisément ce qui fait le danger de l'alcool et des substances analogues; c'est l'excitation agréable poussant l'individu à rechercher cette excitation, alors qu'il ne la rechercherait pas aussi facilement ni aussi fréquemment si elle était douloureuse. Mais le remède doit être recherché dans la mise en œuvre de la raison et de la volonté de l'individu, et non pas dans une privation, une interdiction absolues : il faut véritablement faire à ce sujet l'éducation de la volonté. Et d'ailleurs, l'abus de toutes les choses agréables conduit à des conséquences funestes : il n'y a pas que l'alcool dont l'abus mène à la ruine de l'organisme. En suivant la voie que j'indiquais tout à

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