LUTTE CONTRE L' ALCOOLISME
rheure, on finirait par supprimer tout de ce monde : on arriverait à ne plus manger parce qu*en mangeant trop on peut se faire du mal ; on supprimerait le café et toutes les boissons produisant une sensation stimulante et agréable, on ne prendrait plus rien; on devrait même renoncer aux plaisirs de Tamour parce que leur abus peut faire du mal.
Eh bien, il faut envisager, à ce sujet, les individus à deux points de vue : il y a des individus malades et des individus normaux ; le traitement en doit être très différent. Pour les individus normaux, il faut faire l'éducation de la volonté, et vous n'aurez pas besoin d'imposer à ces individus un ostracisme que leur raison seule, aidée de la connaissance des méfaits pouvant résulter de l'abus, rendra parfaitement inutile. ^
Restent les malades. Ici, c'est une autre affaire. Il est incontestable que pour un individu malade, l'affaiblissement de la volonté, que je signalais à propos des considérations médico-légales, doit entrer en ligne de compte. Je vous ai cité ces malades que l'on doit maintenir un certain temps dans un asile, alors qu'ils sont sous l'influence de l'alcool : si on les laisse sortir, il est presque impossible que ces individus-là résistent à la tendance qui les pousse et ne recommencent à boire. Ceux-là se procureront toujours des boissons alcooliques, quels que soient vos moyens prohibitifs, comme des morphinomanes en liberté arrivent à se procurer de la morphine. Pour ces individus, j'admettrais même la coercition dans une certaine mesure; mais alors je voudrais que cette coercition n'eût d'autre but que de les empêcher de boire de l'alcool et je voudrais que si, au besoin, on les maintenait dans un asile quelconque, cet asile fût aussi peu que possible semblable à une prison pour eux. C'est le sens dans lequel certain groupe cherche à marcher en ce moment; et je crois que c'est là le seul moyen d'enrayer l'alcoolisme, car je le répète, je ne suis pas du tout partisan des Ligues anti-alcooliques et des moyens prohibitifs généralisés à tous les individus sans distinction. En fait de prohibition, je ne crois utile que celle des cabarets et des liqueurs à essences. L'exemple de la Suède et de la Norvège en est une preuve indiscutable.
XVP LEÇON
DE L'ALCOOL COMME SUBSTANCE ALIMENTAIRE. SONS HYGiËNiaUES. -~ VINS. COMPOSITION. CLA! CATION. ETUDE HYGIÉNiaUE ET THËRAPEUTIQt VINAQE. — SUCRAGE. — PLÂTRAGE.
Boissons hygiéniques. — Nous allons comiuencer aujoi l'élude de ces boissons dites hygiéniques, dont l'importance es coDsidérable au point de vue purement alimentaire, au point bromatologique, qu'au point de vue de l'hygiène et même au p me thérapeutique, comme vous l'allez voir. Ces boissons compi UD certain nombre de liquides, parmi lesquels quelques-uns o< an rang prépondérant non seulement à cause de la quantité ' production, mais peut-être plus encore à cause de Leur comp chimique et de leur rôle comme substance alimentaire. Paru c'est le vin qui tient la première place et c'est par lui que j mencerai cette étude.
De toutes les boissons hygiéniques , le vin constitue certaii la meilleure et la plus agréable : c'est une des sources de la i de la France ; et il existe en somme fort peu de départemen Dotre pays dans lesquels il n'y ait quelques vignobles qui ne p permettre de préparer du vin. Je n'ai pas à entrer, bien entend la façon dont le vin est préparé, car cela sortirait absolument Études; je vous rappellerai seulement que, suivant sa provi suivant les procédés utilisés pour sa préparation, sa richesse ei est extrêmement variable. Cette richesse en alcool est, elle variable suivant la composition des grains de raisin qui ont la préparation du vin, et cette composition est sous la dépi extrêmement étroite du climat sous lequel s'est effectuée la mal du raisin.