STIMULATION DES PHÉNOMÈNES DE NUTRITION
rabsorption, que de petites quantités de boissons vineuses peuvent arrêter, plus ou moins complètement, les actes digestifs.
Mais, en pratique, ce que Ton observe le plus généralement, c'est, au contraire, que l'ingestion modérée de vin, chez les individus normaux et en bonne santé, dont le tube digestif fonctionne normalement, produit une excitation bienfaisante et facilite la digestion. D'ailleurs, Tusage journalier de vin rouge léger, peu alcoolique, comme la plupart des vins de France qui représentent en moyenne 9 à 10 p. 100 d'alcool, à raison de 300 à 500 centimètres cubes par repas, suivant les* conditions de vie physique et de travail à effectuer, est ce qui parait convenir le mieux pour coopérer à l'alimentation normale de l'individu. Le vin blanc, au moins par son usage journalier, entraîne plus facilement des troubles dyspeptiques. Les vins blancs sont, en général, plus acides, plus légers, plus capiteux; et ces vins doivent être évités, plus particulièrement, par les sujets prédisposés à la gravelle et à la diarrhée. Par contre, les vins rouges et riches en tannin favoriseraient plutôt la constipation.
L'action excitante générale des vins est surtout remarquable dans les résultats que l'on peut obtenir pour le traitement des maladies scorbutiques; et, dans ce cas, le vin rouge présente une supériorité indéniable sur le vin blanc. Cette supériorité, il la doit, d'une part, à la présence des substances tannantes qu'il renferme en beaucoup plus grande proportion ; et, d'autre part, je crois, à la différence de composition des sels minéraux qui caractérisent le vin blanc et le vin rouge. D'ailleurs, parmi les équipages des navires, ou la population des villes assiégées, — il y a trente ans, lors du siège de Paris en 1870, ces observations ont pu être répétées, car elles étaient déjà connues à ce moment — , l'emploi des vins rouges, en proportion modérée, a permis d'utiliser une alimentation plus qu'insuffisante et d'augmenter la résistance des individus qui, sans l'intervention bienfaisante de ces boissons vineuses, n'auraient certainement pas pu résister à la misère physiologique à laquelle ils étaient en proie à ce moment.
Il faut donc dire, en somme, que le vin détermine une stimulation provoquant les phénomènes de nutrition lorsque celle-ci est plus ou moins fortement ralentie. On obtient, sous l'influence du vin, comme sous Tinfluence des doses modérées d'alcool, mais bien mieux encore que dans ce dernier cas, en raison des substances qui accompagnent