QUALITÉ DE L'EAU UTILISÉE
se faire mal, iDcomplètemeDt, être entravée par une circonstance fortuite, et on pourrait se trouver alors en présence d'un liquide offensif et capable, sinon, comme on l'en a accusé, de transmettre des affections virulentes telles que fièvre typhoïde, choléra, scarlatine, etc., tout au moins de déterminer des accidents plus ou moins graves, notamment des accidents dysentérif ormes, et de préparer le terrain du sujet pour l'évolution de germes infectieux.
J'ai, pour ma part, vainement recherché, à plusieurs reprises, voici déjà dix ans, le bacille typhique dans des cidres préparés avec l'eau de mares infectes; et j'ai même constaté que le cidre constituait un très mauvais milieu, je ne dirai pas de culture, mais seulement de conservation, pour la bactérie typhique. Il en est tout autrement pour les diverses variétés du Bacterium coli, qui sont capables de végéter plus ou moins activement dans ce milieu, surtout au début de la fabrication, alors que son acidité n'est pas encore trop considérable, et qui y conservent leur virulence, quand elles en possèdent, d'une façon également plus ou moins accentuée.
Je suis donc très disposé à accepter l'inQuence du cidre dans l'étiologie de certaines épidémies de dysenterie ; mais je ne saurais l'accepter relativement à l'étiologie de la fièvre typhoïde. D'ailleurs, j'ai montré, voici déjà quinze ans, que le bacille typhique ne se conservait avec quelque facilité que dans des eaux relativement pures ; et roo ne saurait vraiment incriminer à ce sujet l'eau des mares recherchée pour la préparation du cidre, car on s'adresse de préférence aux plus sales et aux plus chargées de principes de toute espèce, dans lesquelles on peut être à peu près sûr, à priori^ de ne pas rencontrer cette bactérie. D'autre part, une culture pure de bacille typhique, ensemencée dans du cidre, perd toute virulence dans un espace de vingt-quatre à trente-six heures, au plus, et ne tarde pas beaucoup plus à périr.
Quoi qu'il en soit, rien ne saurait justifier cette pratique répugnante, voire même dangereuse, de l'emploi, pour la préparation de boissons, de l'eau des mares souillées par des déjections et des résidus de toute espèce.
Lorsque le cidre est constitué par ce qu'on appelle le cidre soigné, c'est-à-dire le produit de la fermentation de la goutte, ce que j'ai appelé tout à l'heure le gros cidre, c'est une boisson hygiénique dont l'emploi est très remarquable et dont la valeur dépasse même