‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 244 sur 486 · QUALITÉS DE LA BIÈRE · texte numérisé non relu

QUALITÉS DE LA BIÈRE

coloquinte, la petite centaurée,- la gomme-gutte, la- noix vomique. Dans cette énumération, je laisse de côté Beaucoup d'autres substances et je ne cite que les principales. Vous pouvez voir que s'il y a certaines substances inoiîensives, il y en a doht la nocivité est indiscutable, comme la coque du Levant et la noix vomique.

Je vous signalerai également une cause de saturnisme due à ce que Ton faisait parcourir à la bièrer un^ tuyauterie en plomb. En raison de son acidité assez considérable, et surtout de la nature de Tacide que la bière renferme, la dissolution du plomb peut se faire dans une assez notable proportion; et, dans le départem.eqt de la Seine ainsi que dans quelques autres, les Préfets ont pris des ordonnances proscrivant absolument Temploi des canalisations en plomb pour faire monter la bière de la cave au- lieu de distributioUf dans les cafés et autres établissements publics.

On pourrait dire de la bière ce que je disais tout à l'heure du cidre : c'est également une boisson froide, de par sa pauvreté relative en alcool, et une boisson débilitante. Dans les pays où la bière constitue la boisson alimentaire. la plus répandue, il arrive ce qui se produit dans les pays à consommation de cidre; c'est q\xe Toti réchauffe cette bière par l'ingestion subséquente d'alcool, et, à ce point de vue, le genièvre joue un rôle considérable.

La bière est certainement beaucoup plus nutritive que le vin, d'abord à cause des matières extractives très aisément assimilables provenant du malt, et ensuite en raison des sels minéraux : c'est un produit tonique, stomachique, en raison du principe amer du houblon qu'il renferme en quantité assez notable. Mais on a reproché à sa consommation habituelle de donner naissance à des phénomènes de somnolence et d'hébétude que l'on a attribués, avec raison, je crois, à la présence de l'huile essentielle du houblon; et en effet, sous l'inQuence de l'ingestion un peu considérable de bière, on voit se produire de l'engourdissement, de la fatigue musculaire, de la pesanteur de tête ; mais cependant, on n'observe ni le vertige, ni la céphalalgie qui accompagnent les accidents d'intoxication que Ton peut réaliser à l'aide des principes actifs du houblon. La bière aurait paiement une action sédative et anti-aphrodisiaque principalement due au houblon. Vous savez que la bière est une boisson diurétique : cette action est due, pour une part, à la quantité que l'on en ingère, d'autre part, à ce fait que l'alcool très dilué qu'elle renferme est

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très rapidement absorbé et entraine Tabsorption rapide de matériaux salins et sucrés qui agissent sur Tépithélium rénal.

Oo a observé, sous TinQuence de la consommation de bières incomplètement fermentées, des accidents gastro-intestinaux. : Tinflamroation catarrhale de Testomac,. quelquefois des vomissements et de la diarrhée. Il est inutile de faire ressortir que les véritables dangers pouvant résulter de Tingestion de la bière proviennent bien moins des substances produites au cours de la fermentation que de celles qui y sont ajoutées artificiellement, dans le but de relever sa teneur en extrait, de lui donner du corps et la rendre plus moelleuse; et, à ce point de vue, Taddition de glycérine offre un intérêt tout particulier.

Cette substance, ainsi ajoutée à la bière, détermine une irritation assez considérable de Tépithélium rénal, en même temps qu'elle diminue dans une proportion correspondante la quantité des matières extractives facilement assimilables, par suite de sa substitution au glucose provenant de l'orge germée. Cette substitution diminue la valeur nutritive de la bière et exagère certains de ses inconvénients. Les recherches de Bûchner, dont j'ai déjà parlé, relativement à l'action que les boissons hygiéniques exercent sur la digestion, ont été reproduites par lui à propos de la bière ; c'est-à-dire que cet auteur a reconnu, encore cette fois, que l'addition d'une certaine quantité de bière entravait les digestions artificielles : il est évident qu'il faut faire ici les mêmes restrictions que je signalais à propos du vin; ces! là un fait exclusivement applicable aux digestions artificielles.

De tout ce que j'ai dit, il résulte, en définitive, que la bière est une boisson bien plutôt comparable aux liqueurs à essences dont nous avons parlé qu'elle n'est comparable au vin; et en effet, lorsque Ion ingère d'une façon continue une quantité un peu considérable de bière, on ne tarde pas à éprouver de l'inaptitude au travail, une dépression plus ou moins marquée des facultés intellectuelles, de la difficulté à soutenir une conversation animée. L'ivresse produite par la bière est moins gaie et à manifestations moins exubérantes que celle produite par le vin ; elle détermine une excitation brutale amenant plus vite l'obscurcissement des idées, la paralysie et le sommeil ;' et c'est, à richesse égale en alcool, une boisson absolument inférieure au vin et même au cidre. Et à ce sujet, un observateur qui ne peut être suspect de partialité, Hilger, a fait remarquer

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