PRÉCEPTES DE ROBERT TODD
doivent être soutenues : alors, les remèdes, soit sous la forme de médicaments exerçant une action physiologique spéciale sur Téco* nomie, soit sous toute autre forme, ne pouvaient être utiles qu'autant qu'ils étaient capables d'exciter, assister ou provoquer cette évolution naturelle curative. Enfin, le but du médecin, après, bien entendu, une étude soigneuse de l'histoire clinique de la maladie et après s'être rendu complètement maître du diagnostic, le' but du médecin doit être de rechercher minutieusement la nature intime de ces processus curateurs, ce qu'il appelle leur physiologie, et de découvrir les meilleurs moyens de les favoriser, de rechercher les antidotes des poisons morbides, de déterminer les méthodes les meilleures et les plus convenables pour soutenir les forces vitales.
Pour lui, la maladie se manifestait par une évolution certaine, invariable, constante, et arrivait à la guérison par des phases successives et déterminées. Le rôle du médecin devait consister simplement à soutenir l'organisme malade, à le mettre en état de supporter sans danger et sans accident cette série de phénomènes constituant l'évolution nécessaire de la maladie vers la guérison. Un médicament, disait-il, ne peut être utile qu'autant qu'il peut exciter, seconder ou provoquer cette évolution, car, bien qu'elle soit morbide, elle tend toujours à la guérison. C'est le premier qui ait attiré l'attention d'une façon scientifique sur la nature du terrain; et en effet, si on ne pouvait pas négliger le germe et les effets de la maladie, il fallait, à son avis, s'occuper surtout du terrain sur lequel évoluait la maladie-, le tenir prêt, le tonifier, le fortifier pour ainsi dire, tandis que la maladie, suivant naturellement son cours, ne demandait aucune intervention thérapeutique pour elle-même. De sorte qu'en définitive, la médication, d'après lui, devait être dirigée contre et par l'organisme malade, bien plus que par et contre la maladie.
J'ai tenu à vous citer ces conclusions du travail de Todd, parce qu'elles représentent très exactement le sens dans lequel les doctrines actuelles sont dirigées; et c'est en réalité pour la première fois qu'on voit apparaître, d'une façon très nettement déterminée, la notion de terrain. A ce sujet, il est inutile de faire ressortir ici le rôle considérable que l'alcool, judicieusement employé, peut remplir. Je vous ai parlé, à propos de l'emploi de l'alcool au point de vue hygiénique, de sa valeur alimentaire; je vous ai montré l'influence efficace avec laquelle l'alcool pouvait lutter contre une nutrition insuffisante ou