ALCOOL ET BOUILLON DE VIANDE
pagné, il y a déjà un certain nombre d'années, une colonne en expédition contre les Ashantis. Ils ont fait à ce moment une véritable étude relativement à l'emploi de Talcool, non pas comme substance alimentaire seulement, mais comme substance stimulante sur des individus en état de bonne santé et en état relativement normal. Ils ont comparé les efiTets stimulants de Talcool aux effets stimulants du bouillon de viande pris dans les mêmes conditions, et voici les résultais très intéressants de cette comparaison, résultats qui, comme vous Tallez voir, sont absolument concordants avec les phénomènes physiologiques que nous avons reconnus en faisant l'étude physiologique de l'alcool.
Cette colonne expéditionnaire était composée d'hommes jeunes et d'hommes, sinon vieux, ayant au moins atteint l'âge de la maturité complète. Eh bien, sous l'influence de l'absorption d'une première ration de rhum, peu après la mise en marche de la colonne, on s'aperçut qu'au premier moment il y avait une accélération de la marche, c'est-à-dire une apparence de surexcitation et production de travail musculaire plus considérable ; mais, au bout de très peu de temps, après S kilomètres, cette excitation musculaire s'apaisa et la marche de la colonne se ralentit au point de devenir inférieure à ce qu'elle était au début de la mise en marche. On essaya alors l'administration d'une seconde ration de rhum : cette seconde ration donna des effets beaucoup moins marqués que la première, et, surtout, beaucoup plus courts. A la suite de la troisième ration de rhum, on n'obtint plus aucun effet d'excitation; au contraire, les sujets manifestèrent des symptômes de fatigue extrêmement rapides et l'on dut arrêter leur marche. Comparativement, sur les mêmes individus et le jour suivant, on fit une autre expérience dans laquelle on remplaça le rhum par du bouillon de viande ; et, sous son influence, on n'observa pas la dépression secondaire dont je parlais tout à l'heure. U n'y eut pas, évidemment, cette espèce de coup de fouet stimulant du début que produisit la ration de rhum, mais le travail fut plus soutenu, plus prolongé; et quand on arriva à l'étape, les hommes n'avaient pas cette sensation de fatigue extrême qui les maintient dans un état tel que l'ingestion alimentaire est difficile, pénible, et que la réparation se fait dans une mesure insuffisante. Lauder-Brunton ajoute qu'en arrivant à l'étape les hommes jeunes qui avaient absorbé le bouillon en guise de stimulant n'eurent aucune envie de la ration