ANTAGONISME ENTRE ALCOOL ET STRYCHNINE
de rhum, que les hommes plus âgés acceptèrent au contraire avec empressement, parce que, chez eux, l'alcool stimulait les phénomènes digestifs, un peu moins prompts à cause de Tâge. Les résultats de cette expérience, effectuée dans des conditions telles que son interprétation ne peut être discutée, concordent absolument avec ce que nous avons appris, au point de vue de l'action physiologique de Talcool.
Messieurs, je vous ai déjà parlé de Talcool à titre antipyrétique, mais j'insiste sur ce point, parce qu'il est très important, qu'il ne faul pas rechercher l'action antipyrétique de l'alcool. Cette action antipyrétique de l'alcool se produit, la plupart du temps, par suite des modifications que l'alcool amène dans les processus de la nutrition ; mais il ne faut pas chercher à obtenir cette action antipyrétique, parce que pour cela il est nécessaire d'employer l'alcool à forte dose, comme d'ailleurs la plupart des substances dites antipyrétiques, et alors les inconvénients de l'alcool entrent en scène et ne tardent pas à dépasser, de beaucoup, les avantages qu'on en peut tirer. Pour synthétiser cela, je dirai que, pour l'alcool comme pour toutes les substances médicamenteuses très efflcaces, les indications sont assez étroites, et qu'en somme une proscription complète de l'alcool comme celle que l'on tend à faire, même au point de vue thérapeutique actuellement, est véritablement aussi fâcheuse et irrationnelle qu'un emploi inconsidéré et à tout propos.
Avant d'aborder la posologie de l'alcool, un dernier mot sur un phénomène très remarquable au point de vue physiologique, et ensuite sur le traitement de l'empoisonnement aigu et de l'empoisonnement chronique par l'alcool. Je veux attirer votre attention sur l'antagonisme que l'on observe entre l'alcool et la strychnine. Cet antagonisme est démontré par un certain nombre de faits : lorsqu'on met un animal sous l'influence de la strychnine, c'est-à-dire quand on lui injecte une quantité de strychnine telle qu'on provoque chez lui des accidents d'intoxication strychnique, on voit que cet animal présente, lorsqu'on lui injecte ensuite de l'alcool en quantité suffisante, les phénomènes comateux propres à l'alcool, les phénomènes de tétanisation rétrocédant et s'annihilant môme complètement. Bien plus, on peut arriver à déterminer, chez les animaux ainsi préal8ii)iement strychnisés, l'anesthésie et la résolution musculaire persistantes; mais il est alors nécessaire d'injecter des doses d'alcool tellement considérables qu'il faudrait rendre un individu strychnisé ivre-mort