DÉCOUVERTE DE LA MORPHINE
lique d'extrait thébaïque une certaine quantité de cendres végétales, on obtenait un produit plus actif que le produit primitif : il ne faisait rien d'autre que de mettre en liberté la morphine, qu'il redissolvait dans l'alcool servant à lixivier ce mélange. Mais, jusqu'aux recherches de Derosne, on avait vainement essayé de retirer des solutions d'opium un sel cristallisable dont on soupçonnait cependant la présence en raison des cristaux qui se montraient spontanément dans l'opium; et Bûcholz, en 1802, avait encore inutilement renouvelé ces tentatives. C'est Derosne qui, en 1803, prépara le premier, sous le nom de sel de Derosne^ un produit qui était constitué par de la narcotine et qu'il obtint par simple dilution d'une solution sirupeuse d'extrait longtemps abandonnée au repos : la précipitation de ce même extrait par les alcalis lui donna un mélange de morphine et de narcotine, qui, en raison de son aspect amorphe, ne retint sans doute pas son attention. L'année suivante, en 1804, Séguin reprit les recherches de Derosne et parla, le premier, d'une substance alcaline capable de verdir le sirop de violettes, se séparant sous l'influence de l'addition d'alcalis à la solution aqueuse d'opium, formant des sels par sa combinaison avec les acides; mais, égaré par les idées préconçues que l'on avait à cette époque sur la nature des alcalis et des principes existant dans les végétaux, il ne persista pas dans ses premières recherches, et surtout n'osa pas franchement donner au produit qu'il avait ainsi isolé la dénomination d'alcali et les fonctions J an composé basique. C'est également Séguin qui avait, en même temps, reconnu la présence dans l'opium d'un acide auquel il n'avait pas donné de nom spécial, qu'il s'était borné à appeler acide de f opium; de sorte que c'est en définitive à Sertuerner que revint, en 1816, le mérite et, tout à la fois, le profit d'avoir mis nettement en évidence, d'une part, l'existence de l'acide méconique qu'il avait découvert de son côté, à peu près en même temps que Séguin, et auquel il donna ce nom en raison de sa provenance ; et, d'autre part, devoir affirmé très nettement la nature alcaline de l'autre produit qwon pouvait isoler de l'opium, produit auquel il donna primitivement le nom de moiyhium^ qui s'est transformé depuis en celui de ^"^hine; il fit ressortir l'analogie de ce composé basique avec l'ammomaque et montra qu'il y avait une très grande difl'érence entre son *^1 à lui et le sel de Derosne, qui était constitué par de la narcotine. "« sorte que, si c'est une inexactitude et une exagération d'attribuer