CARACTÈRES DE PURETÉ
réduit, à froid également, les sels d'argent, les sels d'or, Tacide chromique, les permanganates ; et, réaction plus importante au point de vue toxicologique, réduit les mélanges de ferrîcyanure de potassium et de chlorure ferrique : c'est bien important au point de vue toxicologique, parce que vous ne devez pas ignorer que cette réduction, remarquable par la formation de bleu de Prusse, a été donnée comme caractéristique de certaines ptomaïnes qui prennent naissance au cours des fermentations putrides; or, il est bon de savoir que plusieurs alcaloïdes naturels, et entre autres la morphine, donnent également la même réaction.
Je n'insiste pas. Messieurs, sur les produits d'oxydation, de condensation, les dérivés que la morphine peut donner en présence de certains agents tels que le chlore, le brome ou l'iode; cela n'a, pour le moment du moins, aucun intérêt pour nous. Je vous signalerai simplement deux dérivés qui prendront une place assez importante dans l'étude physiologique, je veux parler de VOxydimorphine que nous retrouverons en étudiant la localisation et l'élimination de la morphine, eiV Apomorphiney qui constitue un agent médicamenteux particulier dont l'action est des plus intéressantes à comparer avec celle de la morphine. Je reviendrai bientôt sur la constitution de la morphine qui nous révélera certaines particularités des plus accentuées.
Dans la plupart des procédés à l'aide desquels on prépare la morphine, il peut se faire que cette substance se trouve mélangée à un certain nombre d'alcaloïdes qui l'accompagnent; ce mélange est plus particulièrement intéressant en ce qui regarde la narcotine, à cause de sa proportion relative plus considérable et de son action convulsivante énergique. Voici un certain nombre de réactions très simples permettant d'avoir à cet égard une certitude ; il est très important, au point de vue «thérapeutique, de reconnaître ces mélanges, parce que, ainsi que je viens de vous le dire, la narcotine possédant des propriétés convulsivantes assez intenses que ne possède pas la morphine , le mélange de narcotine peut donner naissance à des inconvénients, sinon à des accidents. Lorsqu'on dissout dans l'acide chlorhydrique dilué, d'un côté de la morphine, de l'autre de la narcotine, et qu'on vient à additionner les solutions de potasse caustique en excès, la morphine pure donne un précipité qui se dissout dans l'excès de potasse, tandis que la narcotine donne un précipité qui est insoluble dans les mêmes circonstances. Si la dissolution est faite
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non plus cette fois dans l'acide chlorhydrique, mais dans Tacide tartrique, on voit que, sous Tinfluence de l'addition en excès d une solution saturée de bicarbonate de soude, la solution de morphinç pure n'est pas troublée, tandis que la narcotîne donne un précipité. EnGn, une troisième réaction, très nette également, consiste dans la différence de résultat qu'on obtient avec le sulfocyanate de potassium : en présence de ce corps, la morphine ne précipite pas, tandis que la narcotine donne un précipité de couleur rosée.
Je vous indiquerai plus tard les réactions colorées, dites caractéristiques, des principaux alcaloïdes de l'opium.
Narcotine. — A côté de la morphine, la narcotine C"H"AzO% est un alcaloïde important à considérer, à cause de la proportion suivant laquelle elle se rencontre dans certaines espèces d'opiums : il y a, en effet, des variétés d'opium qui renferment près de 10 p. 100 de narcotine. La narcotine peut s'extraire directement en épuisant lopium par l'éther; on indique même dans la pharmacopée américaine ce mode de traitement préalable de l'opium par l'éther pour le débarrasser de la narcotine. Un autre procédé consiste à traiter le marc d'opium par l'acide acétique et à précipiter la narcotine par l'ammoniaque. On peut encore traiter les eaux-mères de la préparalion du sel de Grégory, préalablement diluées, par une quantité suffisante d'ammoniaque, qui précipite ainsi, en même temps que la narcotine, des produits résineux, différentes impuretés, et une petite quantité de thébaïne tandis que la narcéine reste dissoute. Une partie de ce précipité et alors traitée par l'alcool bouillant : par refroidissement, la narcotine impure se dépose; les eaux-mères servent à épuiser à l'ébullition une nouvelle fraction du précipité, et l'on continue ainsi jusqu'à complet épuisement. La narcotine impure est ensuite traitée par une petite quantité de lessive concentrée de potasse, lavée à l'eau et recristallisée dans l'alcool bouillant.
La narcotine ainsi obtenue cristallise en prismes brillants, incolores, qui fondent à 170**. La narcotine présente une solubilité très différente dans l'alcool froid ou l'alcool chaud et dans l'alcool à différents degrés de concentration. L'alcool à 80 p. 100 dissout une partie de narcotine pour 300 parties d'alcool froid et seulement 128 d'alcool bouillant. L'alcool à 96 p. 100 dissout une partie de narcotine pour 120 d'alcool froid et 22 d'alcool bouillant. L'éther, le chloroforme, la benzine, l'éther acétique, l'alcool amylique dissolvent
•nt la narcbtiae eo proportions différentes suivant la tempérale parUe de narcotioe est soluble dans 1 26 parties d'éther froid éther bouillant : il faut, à froid, 300 parties d'alcool amylique es d'éther acétique, 52 parties de benzine, 3 parties de chlo- I. Les huiles fixes et certaines huiles volatiles la dissolvent sut. Cette narcotine est insoluble dans l'éther de pétrole, â 9 insoluble dans l'eau, puisqu'une partie se dissout seulement
000 parties d'eau froide et 1 000 parties d'eau bouillante. Elle ement iosoluble dans les alcalis.
ju'elle est en solution, elle possède une saveur amère, mais de réaction franchement alcaline, pas même cette réaction ' faible qui distingue la morphine. Comme un autre alcaloïde, ine, dont nous aurons plus tard l'occasion de faire l'étude, la le possède la propriété de dévier à gauche le plan de la
1 polarisée lorsqu'elle est isolée, tandis que lorsqu'elle est ée avec un acide, elle le dévie à droite. La déviation à gauche tion alcoolique ou éthérée est a, ^^ — 130". C'est une base susceptible de former des combinaisons instables avec les : ses sels se décomposent par l'addition d'un excès d'eau ou iple évaporation de leur solution.
arcotine est une base tertiaire et, comme telle, susceptible de irectement une seule molécule d'iodure de méthyle : ce qui tte propriété intéressante, c'est que l'iodure d'ammonium qua- B ainsi obtenu, lorsqu'il est traité par un excès de potasse, naissance à une base isomère ou identique avec la narcéine,
partie du même groupe que la narcotine. lydratalion, oxydation et réduction simultanées ou successives, ase est susceptible de donner naissance à des produits de rmation dont on trouve certains représentants dans l'opium proviennent, très évidemment, des modifications que l'opium (ous l'influence de la lumière et de l'air, en présence de l'eau
le fait des manipulations auxquelles le suc des pavots est
: ces produits consistent, d'abord, en acide opianique et colar- 1 hydrocotarnine, et, finalement, en méconine et acide bémi* }, signalé comme faisant partie de certaines variétés d'opium, i les relations qui lient entre eux ces différents produits, olyse dédouble la narcotine en hydrocotarnine et acide opis-
l'oxydation de l'acide opianique fournit l'acide hémipinique :
MÉTAMORPHOSES DE LA NARCOTINE
loxydatiôa de rhydrocotarnine fournît la cotarnine : rhydrogénatioD de Fàcide opianique conduit à un acide-alcool, non isolé jusqu'alors, et dont Tanhydride est la méconine. Les formules ci-après rendent compte de ces transformations. La cotarnine
(CiiH*o08) (CH«)=Az
est une base tertiaire.
O.CHV ^ " \COf(C**H"0«)(CH») = Az] + H«0
Narcotine.
(C*»H»«0')(CH') = Az
Hydrocotarnine.
O.CH»\c.H./C.OH ■*" O.CH»/^ \CO.OH
Acide opianique.